Le président de l'UMP Jean-François Copé à Chateaurenard, le 25 août 2013.
Le président de l'UMP Jean-François Copé à Chateaurenard, le 25 août 2013. - DEFOSSEZ FREDERIC/SIPA/SIPA

Jean-François Copé, président de l'UMP, a lancé un pavé dans la mare en pleine affaire Leonarda. Il veut une redéfinition du droit du sol, et promet une proposition de loi dans ce sens, sous les sarcasmes de la gauche qui lui reproche de «jouer à l'apprenti sorcier» et de l'extrême droite qui l'accuse d'«enfumage à visées électoralistes». Réactions.

Les socialistes offusqués

Pour Jean-Marc Ayrault, Jean-François Copé veut «préparer l'abandon du droit du sol au profit du droit du sang». «Ce n'est pas la République», a tonné le Premier ministre, lors des questions au gouvernement à l'Assemblée.

Une indignation partagée dans les rangs socialistes. «L'UMP est dans une spirale totalement folle à vouloir mettre en oeuvre des débats qui ne profitent qu'au Front national», juge Bruno Le Roux, ou le «banalisent» aux yeux de David Assouline. «Ils sont en train de faire du carburant pour le FN», a également dit le ministre Benoît Hamon.

Aux yeux des députés socialistes de la Gauche forte, «cette remise en cause du droit du sol se trouve en totale contradiction avec la conception traditionnelle de la citoyenneté française (...) en tant qu'une adhésion à la patrie, et non comme un patrimoine génétique».

Le centre ne suit pas

Pour l'UDI, «proposer de supprimer l'acquisition automatique de la nationalité» est «une double erreur» car elle n'est pas automatique et «le droit du sol est un de nos principes républicains», qui ne doit pas «subir des entailles au gré des échéances électorales». «On n'endigue pas le Front national en devenant le Front national», souligne Yves Jégo, délégué général de l'UDI, dans un communiqué.

Le FN se moque

Côté FN, les critiques sont tout aussi virulentes. Pour Marion Maréchal-Le Pen, les propositions de l'UMP sur l'immigration traduisent un sentiment de «sauve qui peut». «Au pouvoir entre 2002 et 2012, l'UMP a eu dix ans pour réformer le droit du sol ou pour le supprimer (...) ce qui démontre son manque flagrant de sincérité», s'est moqué Florian Philippot, vice-président du FN.

L'UMP gêné aux entournures

Dans son camp aussi, Jean-François Copé est l'objet de critiques. Son rival François Fillon est sur la même longueur d'ondes que lui sur cette question (la «fin de l'automaticité» de l'acquisition de la nationalité française figure dans ses propositions). Luc Chatel a également pris sa défense sur France Info, estimant que «l'UMP, elle fait comme toutes les grandes formations politiques dans les pays développés, elle réfléchit à ce qui est le sujet majeur du XXIe siècle. Et la question des migrations c'est l'un des sujets majeurs».

Le mouvement de l'UMP la Droite Populaire affiche son soutien à Jean-François Copé. «L’accès à la nationalité doit être l’aboutissement d’un processus d’intégration, et doit être marqué par l’expression de la volonté individuelle», précise-t-il dans un communiqué..

Le député UMP de l'Eure Bruno Le Maire s'est dit sur iTélé prêt à «ce qu'on regarde tous les sujets, mais qu'on les trie par ordre d'importance». Pour lui la priorité doit aller à «durcir les règles du regroupement familial» et raccourcir les délais d'instruction des demandes de droit d'asile, passant de deux ans à six mois.

Prudent, Christian Jacob, chef de file des députés UMP, a décidé de mettre en place «un groupe de travail» qui sortira ses propositions dans cinq-six mois. «On a souhaité se donner du temps», a-t-il dit.

Henri Guaino, interrogé sur BFM s'est prononcé contre une remise en cause de ce droit :«Un sujet aussi grave mérite autre chose qu'une proposition de loi», a précisé le député UMP des Yvelines. «Il ne peut être question d'abandonner le droit du sol», a tranché l'ex-conseiller spécial de Nicolas Sarkozy.

Les associations en colère

«On devine aisément à travers les propositions de l’UMP  la prochaine étape qu’il lui reste à franchir pour définitivement intégrer le FN», a réagi France Terre d'Asile dans un communiqué.

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