Jean-François Copé, candidat à la présidence de l'UMP, le 6 novembre 2012 au siège de l'UMP à Paris.
Jean-François Copé, candidat à la présidence de l'UMP, le 6 novembre 2012 au siège de l'UMP à Paris. - A.GELEBART/20 Minutes
* Anne-Laëtitia Béraud

«Ne pas faire d'eau tiède.» C’est de «l’avenir de l’UMP» dont a parlé Jean-François Copé, ce lundi sur le plateau du «20h» de TF1, après avoir réagi aux propos du président de la République François Hollande, la veille sur la même chaîne. Un avenir au sein du principal parti d’opposition mis en péril, selon son président, par les propos de son adversaire politique François Fillon.

L’ancien Premier ministre a en effet appelé à voter pour «le moins sectaire» en cas de duel FN-PS aux municipales, rejetant la consigne du «ni FN-ni PS» et du «front républicain» (vote pour tous les candidats à l’exclusion du FN). Un revirement pour celui qui affirmait en mai 2013: «le FN est en dehors des limites du pacte républicain tel que je le considère». 

«François Fillon se met, de fait, en dehors de l’UMP»

Pour Jean-François Copé, par ailleurs chantre de la «droite décomplexée» et auteur de la polémique sur le «pain au chocolat», le plateau de TF1 est une occasion d’affirmer les fondamentaux du parti. «Nous sommes d'abord là pour incarner l'alternance», réaffirme Copé. Son ton est alarmiste, car «l’avenir de l’UMP est en jeu si on la laisse dériver vers l'extrême droite», dit-il au Figaro. Mais il lui faut également reprendre la main sur les propos de son rival, les propos de François Fillon étant approuvés par 70% des partisans de droite, dont 72% des sympathisants UMP, selon un sondage BVA pour I-Télé publié vendredi.

Dans le camp des soutiens de Jean-François Copé, l’interview du soir se doit d’être pédagogue: «Jean-François Copé redit quelle est la ligne de l’UMP, et il n’y a pas de problème sur celle-ci. Le problème, c’est l’expression de François Fillon», résume le député du Nord Marc-Philippe Daubresse. Selon le secrétaire général adjoint du parti, le député de Paris «se lance dans une aventure solitaire, car même ses soutiens, comme François Baroin ou Valérie Pécresse, ne sont pas d’accord avec lui». Les deux anciens ministres n’ont néanmoins pas pris position contre leur champion.

Quant au député du Nord Sébastien Huyghe, il juge qu’«avec ses déclarations, François Fillon se met, de fait, en dehors de l’UMP». «La guerre des chefs» de l’UMP, déclenchée en novembre 2012, serait-elle donc réactivée? C’est ce que redoute l’ancien président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, qui lance ce lundi un appel au calme aux dirigeants du parti, refusant que les propos de l’ancien Premier ministre ne servent à «fournir un prétexte à rouvrir une séquence auto-destructrice».