Nicolas Sarkozy fait moins recette

POLITIQUE – La réunion des amis de Sarkozy, qui a vu défiler tout l’UMP ou presque l’an dernier, est moins courue cette année…

Maud Pierron

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Des amis de Nicolas Sarkozy avaient organisé un meeting à la Maison de la chimie, à  Paris, le 20 février 2013.

Des amis de Nicolas Sarkozy avaient organisé un meeting à la Maison de la chimie, à Paris, le 20 février 2013. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Les amis de Nicolas Sarkozy se retrouvent ce dimanche et lundi à Arcachon. Contrairement à l’an dernier où tout l’UMP se poussait du col pour être sur la photo du grand raout de Nice organisé  en l’honneur de l’ex-chef de l’Etat sonné par sa défaite, cette fois, peu de ténors font le déplacement en Gironde. Il y aura bien Alain Juppé qui devrait passer une tête en local de l’étape, Jean-François Copé en président de l’UMP, Nadine Morano, bien sûr, en supportrice numéro 1 et Guillaume Peltier, animateur de la droite forte. «Ce qui était bizarre, c’est que l’an dernier tout le monde se sentait obligé d’en être, sous peine d’être flingué, se remémore Benoits Apparu. Aujourd’hui, il y a plus de recul.» Cette année, comme la précédente, l’ex-ministre n’ira pas puisqu’il ne se considère pas comme «un ami historique» de l’ex-président.

«On est très loin d’avoir tourné la page»

Guillaume Peltier, la tête de proue du mouvement de la Droite forte, ne trouve pas illogique que les rangs soient plus clairsemés cette année que la précédente: «Il va y avoir des primaires, c’est inhérent à la vie politique française que les ambitions s’expriment. Il est donc logique que certains veuillent se distinguer aujourd’hui de Nicolas Sarkozy. Au final, le peuple de droite tranchera». Même constat «conjoncturel» du côté de Benoist Apparu: «certains jouent leur carte personnelle, prennent d’autres chemins, c’est légitime». Et ceux qui juraient fidélité, tel Jean-François Copé, prennent de plus en plus leurs distances.

Nicolas Sarkozy serait-il en passe d’être enterré, lui dont le nom est de moins en moins cité par les deux duettistes de l’UMP, Jean-François Copé et François Fillon? «Quand je vois la puissance de feu du retour de Sarkozy en juillet, je me dis qu’on est très loin, en politique, dans les médias comme chez les Français, d’avoir tourné la page», relève Benoist Apparu qui le «suivrait sans difficulté s’il revenait». Certains surveillent l’héritage de très près et se battent contre toute initiative qui en dégraderait le prix qu’ils estiment précieux. «Plutôt que le droit d’inventaire, je préférerais  le droit d’inventer la droite de demain, prévient Guillaume Peltier. Et attention à ce que la tentation du procès de Sarkozy d’hier ne se transforme pas en procès du Sarkozy de demain». Car si l’ex-chef de l’Etat est retourné à sa position de sage retiré des affaires publiques, ses proches, Brice Hortefeux, Henri Guaino, notamment, sont toujours à la manœuvre à l’UMP.

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