Marielle de Sarnez: «Le logement, priorité des priorités»

INTERVIEW La députée européenne dirigera la liste du MoDem aux municipales à Paris...

Propos recueillis par Alexandre Sulzer

— 

Marielle de Sarnez, vice-présidente du Mouvement démocrate (MODEM), le 23 juin 2013 à Paris.

Marielle de Sarnez, vice-présidente du Mouvement démocrate (MODEM), le 23 juin 2013 à Paris. — V. WARTNER / 20 MINUTES

La vice-présidente du MoDem dirigera la campagne de son parti dans la capitale. Elle a accordé sa première interview de presse écrite consacrée aux municipales à 20 Minutes.

Droite comme gauche vous font des appels du pied pour une alliance. Y répondrez-vous?

Le rassemblement auquel je travaille, c’est celui du centre. Pour être forts à Paris, nous devons être unis. Ma détermination, c’est d’arriver à construire une alliance avec les amis de Jean-Louis Borloo (UDI). Pour l’heure, nous rentrons dans le temps du projet. Je présenterai mercredi la liste de celles et ceux qui y travailleront avec moi. Yann Wehrling (ancien secrétaire national des Verts) sera en charge des questions d’environnement, le professeur François Haab (hôpital Tenon), de la santé… Le temps des listes viendra à l’automne, puis suivra le temps de la campagne.

Des UDI vous ont-ils déjà rejoint?

C’est d’une démarche de rassemblement dont nous parlons. J’ai bon espoir que les choses évoluent favorablement d’ici la rentrée.

La condition, c’est que vous preniez le leadership de la liste centriste?

Ni condition, ni préalable. Dans une équipe du centre, au seul service des Parisiens, chacun devra trouver sa place.

Un rassemblement est-il possible avec le Front de gauche via le PS?

Non. Ma position au plan national vaut aussi au plan local: les extrêmes ne sont pas la réponse aux problèmes des gens.

Vous parlez de «renouvellement» des pratiques politiques. Que proposez-vous?

Je pense qu’on peut associer davantage les Parisiens à certaines décisions par la pratique du referendum local. Par exemple sur la question de l’ouverture des services publics et des commerces le dimanche, ou l’idée d’une candidature du Grand Paris aux JO à laquelle je suis favorable.

Quelle sera votre priorité pour Paris?

Le logement est la priorité des priorités. Je veux proposer un «plan Marshall». Construire davantage pour atteindre 5.000 nouveaux logements par an, contre 2.500 prévus cette année. Pour y arriver, il faudra mobiliser de nouveaux espaces, couvrir les voies ferroviaires, là où c’est faisable, et les parties en tranchées du périphérique. Cela donnerait à peu près 50 hectares disponibles. Grâce aux partenariats public-privé et à des baux emphytéotiques, il sera possible d’y faire baisser le prix du mètre carré. Je laisse de côté la petite ceinture qui doit rester un espace préservé. Dans ces nouveaux quartiers, je proposerai un coefficient d’occupation des sols qui permettra la création de jardins plantés, de pistes cyclables...

Sur le bilan de Bertrand Delanoë, qu’a-t-il le mieux réussi? Quel est son plus gros échec?

C’est un maire qui aura laissé sa marque sur la capitale, et  fait des choses utiles : davantage de constructions de crèches, le tramway, Vélib. ..Avec un bémol: je souhaiterais de vraies pistes cyclables, en site propre et protégées. En revanche, il n’a pas pris la mesure de la nécessité d’une mobilisation d’envergure de tous sur le logement. Et la fracture est-ouest ne s’est pas résorbée.

Vous sentez-vous plus proche de Nathalie Kosciusko-Morizet ou d’Anne Hidalgo?

Permettez-moi de défendre d’abord mes idées. Mais je souhaite vraiment que cette première campagne de femmes soit différente d’une campagne habituelle, qu’on y cherche moins la polémique, et que nous soyons utiles à Paris en dégageant des points d’accord entre nous, en particulier pour le logement.

Privilégierez-vous votre mandat parisien ou européen?

Si je suis élue maire de Paris, c’est avec bonheur que j’exercerai pleinement cette responsabilité, à l’exclusion de toute autre.

Mots-clés :