Jérôme Cahuzac fait acte de contrition et démissionne de l'Assemblée

POLITIQUE Ce qu'il fallait retenir de l'intervention de l'ancien ministre Jérôme Cahuzac...

Vincent Vantighem avec Anne-Laëtitia Béraud

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Capture d'écran BFMTV/RMC de l'entretien confession de Jérôme Cahuzac, le 16 avril 2013.

Capture d'écran BFMTV/RMC de l'entretien confession de Jérôme Cahuzac, le 16 avril 2013. — Capture d'écran 20 Minutes

Jérôme Cahuzac a entendu «ceux qui l’avaient élu» et aussi «ceux qui l’ont critiqué». Finalement, deux semaines après avoir avoué l’existence d’un compte bancaire à l’étranger, l'ancien ministre du Budget a annoncé, ce mardi, qu’il démissionnait de son son mandat à l'Assemblée nationale. «La gravité de cette faute ne me permet pas de rester député», a-t-il lâché dans un acte de contrition de près d’une demi-heure diffusé sur BFMTV dans lequel il a assuré vouloir «rebâtir [sa] vie». 

Souriant mais tendu, l’ancien ministre du Budget est longuement revenu sur ce qu’il nomme sa «part d’ombre». Oui, il reconnaît avoir «menti» au président François Hollande, au Premier ministre Jean-Marc Ayrault et au ministre des Finances Pierre Moscovici, auxquels il a demandé «pardon».
 

Une «part d’ombre»

«J’ai commis une folle erreur, une bêtise il y a 20 ans. Qui n’a pas une part d’ombre ? (...) Et puis j’ai oublié cette affaire à force de l’occulter. J'ai cru qu'en travaillant comme j'ai pu le faire (...), j'ai cru que ce travail ardent, sincère, me permettrait de repousser cette part d'ombre», a-t-il expliqué. 
 

Si oui, il a menti à soi-même avant de mentir aux autres, l’élu du Lot-et-Garonne souligne qu’il a toutefois tenté de faire fermer ce fameux compte. «Mais je n’ai jamais trouvé la solution. A chaque fois, cela passait par la levée de l’anonymat. Je ne le pouvais pas», continue-t-il.
 
Jérôme Cahuzac a répété que la somme qu'il avait placée à l'étranger était de 600.000 euros. Il réfute avoir placé «plus», précisant que son compte caché n'a «jamais servi à financer de campagne du Parti socialiste». D'où venaient les fonds? D'«une activité légale auprès d'entreprises de santé et de laboratoires pharmaceutiques» qu'il a exercée après son départ du ministère de la Santé en 1991 et jusqu'à son élection en tant que député en 1997, lance, déterminé, l'ancien ministre.
 

«Pas plus» de 600.000 euros cachés

Quant à la politique, l'ancien chirurgien, spécialiste des implants capillaires, reconnaît son l’ambition. Sans doute un peu trop. «J’aurais dû refuser le poste de ministre du Budget quand on me l’a confié. Mais je n’ai pas eu la force d’âme de le faire», confie-t-il.
 
>> Quels sont les protagonistes et les enjeux de de cette affaire? A lire ici
 
Contrairement à certaines rumeurs, Jérôme Cahuzac assure n’avoir pas pensé au suicide après ses aveux. «A terre», il reconnaît tout de même qu’il se «consume de l’intérieur depuis le mois de décembre». Désormais, il entend se consacrer à l’épreuve judiciaire qui l’attend.
 
Un retour à la vie politique ? «Cela me paraît infiniment peu probable», explique-t-il, estimant qu'«une page se tourne», avant de souhaiter « bonne chance pour conduire le pays» à François Hollande et Jean-Marc Ayrault. Au passage, l’ancien strauss-kahnien en profite pour dédouaner les tenors de l’exécutif.
 

«Au Président, comme au Premier ministre, comme à Pierre Moscovici, je n’ai pas dit la vérité.» Il a par ailleurs précisé qu'il ignorait le «degré de connaissance» du chef de l'Etat dans cette affaire. Avant de conclure : «Je leur ai écrit pour leur demander pardon. C’est à eux de voir désormais s’ils peuvent de l’accorder...»   
 
Jérôme Cahuzac a démissionné du gouvernement le 19 mars, à l'ouverture d'une information judiciaire pour blanchiment de fraude fiscale. Il a avoué le 2 avril avoir ouvert un compte en Suisse, après des mois de démentis publics, notamment à l'Assemblée nationale. 
 

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