Christiane Taubira, lors de l'ouverture des débats sur le «mariage pour tous» au Sénat, le 4 avril 2013.
Christiane Taubira, lors de l'ouverture des débats sur le «mariage pour tous» au Sénat, le 4 avril 2013. - REUTERS/Charles Platiau

Enora Ollivier

Les sénateurs ont adopté ce vendredi le projet de loi sur le «mariage pour tous», deux mois jour pour jour après le vote des députés en faveur du texte. Les élus ont voté à main levée dans l'hémicycle, et le détail du scrutin sera connu dans l'après-midi.

«Il y a une émotion si profonde et si forte qu'elle remplit l'hémicycle», a déclaré la ministre de la Justice Christiane Taubira après le vote.

«Diversité des modèles familiaux»

Dominique Bertinotti, ministre de la Famille, a avant elle pris la parole, également pour dire «son émotion». Elle a mis en avant la «diversité des modèles familiaux» et a souligné que «les citoyens demandaient que leur soient accordés les mêmes droits et devoirs». Quelques rares élus de la majorité ont fait défaut pour ce vote mais des sénateurs UDI ou UMP ont voté en faveur de ce texte.  L'opposition a mené bataille au Sénat pour tenter d'obtenir le rejet du projet de loi, dans un climat parfois tendu mais moins toutefois qu'à l'Assemblée, puisqu'à peine 279 amendements avaient été déposés contre plus de 5.000 au Palais-Bourbon.

Le projet de loi va  revenir à l'Assemblée nationale  pour une deuxième lecture dès mercredi prochain, bien plus tôt que la date évoquée initialement, la fin mai. L'article 1 du texte, qui a été voté conforme par les sénateurs, est définitivement adopté mais les députés devront discuter des autres articles, que les élus de la Chambre haute ont amendés.

«Grande qualité des échanges»

Jean-Pierre Bel, le président du Sénat, s’est félicité dans un comuniqué de l’adoption du texte et a salué «la grande qualité des échanges dans l’hémicycle qui auront permis à chacun de faire valoir ses positions, dans un esprit d’ouverture et de pluralisme».

Les discussions au Sénat se sont pourtant parfois déroulées dans un climat tendu. Jeudi, l'UMP Bruno Retailleau a provoqué un incident de séance en évoquant «la couleur» d'une élue écologiste, avant d'assurer qu'il parlait de la «couleur politique et vestimentaire» de son adversaire. Lundi soir, Pierre Laurent (PCF) a accusé la droite d'«homophobie», suscitant la réaction indignée de Jean-Pierre Raffarin.