Garde d’enfants, examens, tourisme… Quelles conséquences pour les vacances d'été à six semaines?

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Publié le 26 février 2013.

POLITIQUE - L’idée de Vincent Peillon a entraîné de nombreuses réactions politiques mais aussi les interrogations de nombreux secteurs professionnels…

«Nous devons être capables d'avoir un zonage l'été, deux zones, et nous devons être capables d'avoir six semaines, c'est suffisant.» La déclaration du ministre de l’Education nationale, Vincent Peillon, sur BFMTV a fait son petit effet, en plein débat sur la refondation de l’école. De la petite phrase à la réalité, il y a encore beaucoup de chemin à faire puisque le ministre lui-même a évoqué 2015 comme début des négociations, avant de se faire recadrer par Matignon. Cette idée, dans l’air du temps depuis de nombreuses années, entraînerait en effet des conséquences sur de nombreux aspects de la vie en France.

Revoir les conditions d’organisation du bac

Vincent Peillon en a fait le constat lui-même. «[Il faudrait] revoir les examens, et en particulier le fameux baccalauréat, qui occupe les locaux d'un certain nombre d'établissements très tôt dans le mois de juin, a expliqué le ministre. Avec des vacances d’été plus courtes, les locaux de la première zone seraient occupés jusqu’à fin juin (fin des vacances mi-août). Ceux de la deuxième zone jusqu’au 15 juillet (fin des vacances fin août). Le bac devrait donc être organisé plus tard. «Certains élèves le passeraient la semaine du 15 juillet et seraient obligés de commencer leur BTS ou leur prépa dans l’autre zone le 15 août, ce qui ne leur laissera que peu de vacances», prévoit Daniel Robin du Snes-FSU, syndicat de professeurs.

Par ailleurs, les académies devront créer deux fois plus de sujets puisque les deux zones passeront des épreuves différentes. «Cela ne pose fondamentalement pas de problèmes puisque l’on faisait auparavant un sujet par académie, mais plus il y a de sujets en circulation, plus il y a de risques de fraudes», conclut Daniel Robin.

Certaines familles désavantagées

Les enfants de certaines familles amenées à déménager entre deux zones pendant l’été verront leurs vacances réduites à quatre semaines (du 15 juillet au 15 août). Par ailleurs, de nombreuses entreprises imposent encore à certains de leurs employés de poser leurs congés en août et n’auront donc que deux semaines de vacances possibles avec leurs enfants.

Gérer la colère des profs

«Ce qui est sûr, c’est que on ne va pas demander aux enseignants de travailler 5,5% en plus sur l’année sans contrepartie», lance Daniel Robin du Snes-FSU, rejoint par Sébastien Sihr, secrétaire général du syndicat des enseignants du primaire SNUipp, interrogé par l'AFP: «Ce n'est pas respectueux pour les enseignants et les collectivités territoriales.» A peine le ministre a-t-il évoqué l’idée que les syndicats enseignants ont sorti leur calculette. Certains évoquent déjà une dépense de 4 à 5 milliards d’euros pour compenser la hausse du temps de travail annuel. «De toute façon, cette idée d’un zonage vient de deux lobbys: celui de l’industrie touristique et la Sécurité routière», estime Daniel Robin.

Des conséquences sur le tourisme

Difficile de ne pas penser aux conséquences sur le tourisme, qui pèse 78,5 milliards d'euros de chiffre d'affaires et 7% du PIB. Globalement, les syndicats se sont félicités de l’idée d’un zonage des vacances d’été. «Cette mesure permettrait de réguler les flux touristiques et contribuerait directement à réduire les impacts néfastes de la concentration touristique sur une période très courte», écrivait en octobre 2012 dans un communiqué l’Union nationale des associations touristiques (Unat). Si la séparation en deux zones convient au secteur touristique, la réduction de huit à six semaines de vacances est sévèrement jugée. «Plus on réduit la période, plus on renchérit l’offre des vacances. Cela correspond au fonctionnement du marché et c’est antisocial», analyse pour 20 Minutes Jean-Pierre Mas, un des dirigeants du Syndicat national des agences de voyage, qui pense que la réduction à six semaines concentrera les départs. Entre le 1 et le 15 août, période de fort départ en vacances, les tarifs sont en moyenne 25% supérieurs à la période du 1er au 15 juillet.

Moins de problèmes de garde d’enfants pour les parents

Finies les vacances forcées à la campagne chez les grands-parents quand les parents sont retournés au travail. Ce qui laissera plus de temps à pépé et mémé pour partir en camping. «Une réduction des vacances d'été, c'est une demande sociale réelle, qui rejoint le besoin pédagogique», s’est ainsi félicité Jean-Jacques Hazan, président de la FCPE.

Plus d’embouteillages à la sortie des grandes villes

Même si la Sécurité routière se félicite du zonage des vacances, qui permet d’éviter une trop grande concentration sur les grands axes, la réduction à six semaines pourrait créer de plus grands embouteillages à la sortie des grandes villes, où tous les enfants seront en vacances en même temps.

Matthieu Goar
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