Eric Raoult, maire UMP du Raincy (Seine-Saint-Denis), à la sortie du tribunal correctionnel de Bobigny, jeudi 7 février 2013, où il comparaissait pour violences conjugales.
Eric Raoult, maire UMP du Raincy (Seine-Saint-Denis), à la sortie du tribunal correctionnel de Bobigny, jeudi 7 février 2013, où il comparaissait pour violences conjugales. - Alexandre Gelebart / 20 Minutes

B.D. avec AFP

Le tribunal correctionnel de Bobigny a relaxé ce jeudi l'ancien ministre Eric Raoult, maire UMP du Raincy (Seine-Saint-Denis), qui était poursuivi pour des violences sur sa femme dont il est séparé.

Le premier vice-président du tribunal, Jean-Pierre Ménabé, a prononcé «la relaxe de Raoult Eric des fins de la poursuite». Le parquet avait réclamé, le 7 février, une peine «à valeur d'avertissement» de trois mois de prison avec sursis à l'encontre de l'élu de 57 ans, estimant disposer d'«éléments probants» sur la culpabilité de l'élu. «Même si je suis taillé comme une brute, je ne suis pas une brute», a immédiatement réagi, avec un grand sourire, l'ancien ministre de la Ville (1995-1997), au côté de son avocate, Me Caroline Toby.

«Je ne l'ai pas frappée»

Eric Raoult était poursuivi pour «violences sur conjoint» et «menaces ou actes d'intimidation». Il était accusé d'avoir giflé, bousculé et insulté à plusieurs reprises son épouse, Corinne Raoult, entre décembre 2011 et octobre 2012. Lors de l'audience le 7 février, le maire du Raincy avait nié toute violence physique sur sa femme. «Je n'ai jamais, jamais porté la main sur mon épouse», avait assuré l'élu.

«Oui, il y a eu des insultes. Mais je ne l'ai pas frappée», avait assuré lors de l'audience le maire du Raincy, évoquant de simples «disputes». «Parfois, elle était habillée d'une manière très provocatrice. Quand un jeune vient vous dire "putain, elle est bonne, ta femme, ça surprend"», avait raconté Éric Raoult pour expliquer l'origine des frictions avec son épouse.

Corinne Raoult a minimisé les accusations

A la barre, Corinne Raoult avait à la surprise générale minimisé les accusations portées contre son mari, revenant sur certaines des déclarations faites durant l'enquête. «Je pense que nous avons perdu notre sang-froid», avait-elle avancé à propos de l'une des scènes de violence. «Il ne m'a pas asséné de coups avec violence», avait ajouté celle qui fut son assistante parlementaire, disant ne pas vouloir se porter partie civile dans le dossier.

Un changement d'attitude mis sur le compte d'un sentiment de «culpabilité» par le procureur, lié notamment à «l'état de santé» de son mari, victime d'un accident vasculaire cérébral en janvier 2012 et qui a été hospitalisé à plusieurs reprises ces derniers mois. «Les accusations contre Éric Raoult sont basées sur des éléments probants», avait insisté le représentant du parquet, rappelant l'existence d'enregistrements de conversations effectués en secret par Corinne Raoult.