Michel Rocard «en veut aux communautés homosexuelles de ne pas s'être contentées du Pacs»

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Publié le 7 février 2013.

POLITIQUE - Selon lui, «la communauté homosexuelle» aurait pu «rechercher la paix, la réconciliation» plutôt que «d'enclencher quelque chose qui va provoquer un désaccord et une méfiance durable»...

Si Michel Rocard se dit «pour» le «mariage pour tous», le moins que l’on puisse dire c’est que l’ancien Premier ministre socialiste n’en est pas un ardent défenseur. Dans une interview à l’hebdomadaire Valeurs actuelles, Michel Rocard estime qu’«il y a un moment historique qui exige qu’on remette du calme dans notre communauté homosexuelle qui a été secouée». «Il faut y aller et officialiser cette reconnaissance et cette dignité», poursuit l’ancien chef du gouvernement.

Cependant, «j’en veux un peu aux communautés homosexuelles de ne pas s’être contentées du Pacs», dit Michel Rocard qui reproche à ces «communautés» «d’avoir poussé leurs revendications jusqu’à des symboles, recherchant un peu une revanche ou la victoire sur les hétéros pour gommer un long passé». Selon lui, le Pacs était une «idée admirable» qui «aurait pu suffire».

Une «agrégation des symboles des hétéros»

«J’aurais préféré que les communautés homosexuelles recherchent la paix, la réconciliation, l’acceptation que le Pacs était une idée de génie, plutôt que d’enclencher quelque chose qui va provoquer un désaccord et une méfiance durables», lâche Michel Rocard, qui pense qu’une «guerre scolaire» entre le gouvernement et l’enseignement «ne demande qu’à repartir».

«La communauté homosexuelle a tort de pousser jusqu’aux symboles qui appartiennent objectivement aux hétéros à raison de ce qu’ils sont», pense-t-il. Et d’insister: «Je veux dire à la communauté homosexuelle que je trouve qu’elle est passée de la quête du raisonnable, d’une reconnaissance qu’elle était en train de gagner, à une agrégation des symboles des hétéros et que cela est dangereux parce que la déstabilisation des symboles met à mal les sentiments de communauté et d’appartenance », ce qui peut aboutir, selon lui, à «une aggravation de l’antagonisme entre les deux façons d’être».

«Quand j’ai découvert que ça existait, j’ai été assez révulsé»

Michel Rocard confie que «pendant très longtemps», il «ne savait pas ce qu’était l’«homosexualité». «Quand j’ai découvert que ça existait, j’ai été stupéfait et assez révulsé, et physiquement ce n’est pas mon truc. Mais on a le droit d’être fait différemment», continue-t-il.

L’ex-Premier ministre dénonce «l’homophobie» qui s’est «déchaînée» pendant le débat sur le «mariage pour tous». Mais, tout en ne se disant «pas du tout expert sur le problème juridique lié à la situation des enfants», il pense que «l’adoption [par des couples homosexuels] n’est pas souhaitable». « La réponse, pour moi serait que le groupe socialiste entame une délibération plus approfondie, notamment sur le problème de l’adoption», estime-t-il avant de conclure: «Je ne désespère pas que l’on devienne raisonnable.»

E.O.
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