Les députés UMP se sont levés pour protester quand Mme Dumont a coupé la parole à leur chef de file, Christian Jacob, et a fait procéder à un vote, précédemment annoncé, sur un amendement. "Bartolone !, Bartolone !", ont-ils alors crié pour réclamer le retour du président, dont la conduite du débat, depuis dix jours, fait l'unanimité à gauche et à droite.
Les députés UMP se sont levés pour protester quand Mme Dumont a coupé la parole à leur chef de file, Christian Jacob, et a fait procéder à un vote, précédemment annoncé, sur un amendement. "Bartolone !, Bartolone !", ont-ils alors crié pour réclamer le retour du président, dont la conduite du débat, depuis dix jours, fait l'unanimité à gauche et à droite. - Joel Saget afp.com

E.O. avec AFP

L'Assemblée nationale s'est séparée ce jeudi, peu avant 4 heures du matin, sans avoir voté l'article 4 du projet de loi sur le mariage homosexuel, qui prévoit que dans le code civil les termes de «père» et «mère» doivent être compris comme celui de «parents» en cas d'un couple homosexuel. La séance nocturne a été marquée par un vif incident de séance, opposant les députés UMP à une vice-présidente de l'Assemblée nationale, Laurence Dumont (PS), qui remplaçait temporairement au perchoir le président Claude Bartolone.

Les députés UMP se sont levés pour protester quand Laurence Dumont a coupé la parole à leur chef de file, Christian Jacob, et a fait procéder à un vote, précédemment annoncé, sur un amendement. «Bartolone !, Bartolone !», ont-ils alors crié pour réclamer le retour du président, dont la conduite du débat, depuis dix jours, fait l'unanimité à gauche et à droite.

«Assis ! Assis !» ont alors crié les députés socialistes, pendant que prudemment les huissiers de l'Assemblée se levaient autour de la tribune présidentielle pour prévenir tout éventuel contact physique entre les députés. «Couchés ! Couchés !», ont répliqué les parlementaires de droite, qui reprochent à leurs collègues de gauche de se «coucher» devant le gouvernement.

«Machos ! Machos !»

La séance a alors été suspendue pendant cinq minutes, mais les affrontements verbaux ont continué dans l'hémicycle pendant la suspension de séance. «Machos ! Machos !» ont crié les députés socialistes, laissant entendre que le comportement de la droite à l'égard de Laurence Dumont était due au fait qu'elle est une femme.

Claude Bartolone, qui préside presque sans exception les séances depuis l'ouverture du débat le 29 janvier, a quitté son poste car il doit assister jeudi matin à un enterrement, avait-il expliqué précédemment dans les couloirs et sur son compte twitter.

Lors de son intervention interrompue, qu'il avait présenté comme un rappel au règlement -ce que contestait Laurence Dumont-, Christian Jacob répliquait à la ministre de la Justice, Christiane Taubira. Celle-ci avait opposé une fin de non-recevoir à la demande des députés UMP de publier l'avis qu'avait donné le Conseil d'Etat au gouvernement sur le projet de loi ouvrant le mariage et l'adoption aux homosexuels.

Les avis du Conseil d'Etat au gouvernement, avant que celui ne présente un projet de loi, sont confidentiels, mais le Premier ministre peut décider exceptionnellement de les rendre publics. Durant toute la journée de mercredi, les députés UMP ont demandé à Jean-Marc Ayrault de le faire.