Pourquoi le gouvernement ressort tous les sujets sociétaux au même moment

95 contributions
Publié le 31 janvier 2013.

POLITIQUE – Gestation par autrui, droit de vote des étrangers: en plein débat sur «le mariage pour tous», ces thèmes sont remis dans le débat...

A quoi joue le gouvernement en multipliant les initiatives sur les sujets sociétaux? Car après le droit de vote pour les étrangers aux élections locales réactivé mardi par Matignon, Le Figaro et Le Parisien ont révélé ce mercredi la diffusion vendredi d’une circulaire de Christiane Taubira uniformisant le droit pour les enfants nés d’une mère porteuse à l’étranger. Un chiffon rouge pour une opposition chauffée à blanc en plein débat sur le «mariage pour tous» et qui réclame désormais la démission de Taubira et le report de l’examen du texte à l’Assemblée.

«Une pseudo-polémique», estime Yann Galut, député PS du Cher. «Nous aurions peut-être pu éviter de télescoper les deux actualités, reconnaît-il, mais sur le fond, ça ne change rien: il faut parler des sujets de société car ils font partie de nos engagements de campagne». Officiellement, François Hollande n’a pas eu un mot en conseil des ministres sur les deux sujets polémiques soulevés par son chef de gouvernement et sa garde des Sceaux. A Matignon, on jure que c’est le président qui a demandé à Jean-Marc Ayrault de relancer la machine sur les sujets pouvant faire l’objet d’une réforme constitutionnelle, dont le droit de vote des étrangers. On concède par ailleurs que le directeur de cabinet Christophe Chantepy a peut-être un peu surjoué l’annonce des consultations que le Premier ministre allait engager sur le sujet devant les journalistes. Et que les services du Premier ministre n’étaient pas au courant de la diffusion de la circulaire Taubira, et n’avaient pas à l’être pour une circulaire.

Profiter de la séquence sociale?

Reste que le timing pose question. Même, et surtout, chez les socialistes où l’on dénonce une stratégie hasardeuse. «Je ne comprends pas le timing de ces annonces. Je ne comprends pas l’intérêt et la stratégie du gouvernement, d’autant moins que les Français attendent en priorité des réponses sur les sujets sociaux et économiques», insiste Laurent Baumel, député PS d’Indre-et-Loire. «Une partie des responsables politiques de ce pays se parlent à eux-même», assène-t-il. Un autre dit avoir «hâte de terminer cette séquence pour enfin reparler du social».

D’autres députés PS estiment que, tant qu’à ouvrir une séquence sociale, autant la faire fructifier. «Une longue séquence de quinze jours s’ouvre à l’Assemblée sur le mariage pour tous. Ce n’est pas nous qui l’avons décidée mais la droite. Il faut en profiter pour amener d’autres sujets de société avant de rouvrir une séquence sociale dans 15 jours», préconise Yann Galut.

Ce sont «les hasards du calendrier», a commenté Najat Vallaud-Belkacem, la porte-parole du gouvernement. «Il faut se garder de surinterpréter les choses en la matière. Nous sommes engagés dans une réforme à laquelle nous consacrons toute notre énergie et en même temps, cela ne doit pas occulter l’ensemble des autres chantiers que le gouvernement mène de front». Et d’insister: «Il n’y en a pas un qui soit plus légitime qu’un autre». Mais peut-être plus simples que d’autres. «Il y a une telle impuissance de François Hollande sur les questions économiques et sociales qu’il a besoin d’engranger ailleurs. Les mesures sociétales ne coûtent pas cher et permettent de tenir des engagements du candidat Hollande», remarque Rémi Lefebvre, politologue spécialiste du PS.

Matthieu Goar et Maud Pierron
publicité
publicité
publicité
publicité
Les dernières contributions

Chargement des contributions en cours

Réagissez à cet article
Vous souhaitez contribuer ? Inscrivez- vous, ou .
Confirmer l'alerte de commentaire
Annuler
publicité
publicité
Se connecter avec Facebook
S'identifier sur 20minutes.fr