Crise à l'UMP: «La faute est plus du côté de Copé que de Fillon, et tôt ou tard, cela se retrouvera»

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Publié le 10 janvier 2013.

INTERVIEW - C'est ce qu'estime le filloniste Lionel Tardy, député UMP de Haute-Savoie à propos de la situation du parti...

Invité en chat à 20 Minutes, le député UMP Lionel Tardy, qui a pris position pour François Fillon lors de la guerre des chefs qui a suivi l’élection pour la présidence de l’UMP en novembre, a répondu à quelques questions sur la situation du parti de droite majoritaire.

Réunis ce mercredi matin, les députés «fillonistes» membres du Rassemblement-UMP (R-UMP) ont confirmé le principe de la dissolution du groupe. Qu’en pensez-vous?

Je n’étais pas ce matin à la réunion car j’étais en commission. Mais on est tous d’accord pour dire qu’à partir du moment où l’on dissout le R-UMP, c’est un fusil à un coup. Si demain, la situation s’envenime à nouveau, on n’a plus la possibilité de récréer un mouvement, cette épée de Damoclès.

Vous paraissez amer après cette dissolution, qui pourrait intervenir avant le 15 janvier…

Le problème, c’est la politisation du groupe UMP à l’Assemblée nationale. Christian Jacob a été mis à la tête de ce groupe par Jean-François Copé. Trop partisan, il n’a pas réussi à rester au-dessus de la mêlée. Je suis député UMP depuis 2007 et de par mes positions, comme par hasard, je n’ai jamais été rapporteur d’un texte... Au sein du R-UMP, il y avait une manière de fonctionner complètement différente de celle du groupe UMP à l’Assemblée, où l’on privilégie plus les compétences des personnes que leur positionnement politique.

Vous voulez dire qu’il y a du favoritisme au sein de ce groupe parlementaire…

On peut dire ça comme cela. Dans la répartition des tâches du groupe UMP à l’Assemblée nationale, soit on est avec Copé, soit on ne l’est pas. Je suis l’un des députés les plus présents à l’Assemblée, et après tout ce que j’ai fait, je n’ai jamais rien eu de la part de l’UMP en retour. Ce que je fais, je le fais moi-même. Pour les textes sur l’économie ou sur les nouvelles technologies, alors que je suis l’un des rares chefs d’entreprises informatiques à l’Assemblée, on a préféré mettre des gens qui n’y connaissent rien, par choix politique.

Régler le problème avant le 15 janvier à l’UMP est-il synonyme d’un accord a minima au parti?

Des mots ont été dits entre Fillon et Copé, mais rien n’est réglé. Sur la commission chargée des opérations de vote [des adhérents en septembre], on n’a aucune info. Va-t-on réviser les fichiers, les histoires de procurations, la répartition des rôles à l’UMP, monter un comité des Sages? Il fallait sortir de la crise mais on a fait un chèque en blanc avec cet accord.

Vous agitiez la menace de quitter l’UMP il y a quelques semaines. Qu’en est-il aujourd’hui?

Pour l’instant, non. Mais on n’a pas réglé la fracture politique à l’UMP. On a réglé la fracture démocratique avec un nouveau vote à l’UMP, mais pas la fracture politique, c’est-à-dire la ligne politique. Avec les autres députés R-UMP, il faut que l’on trouve un moyen de se réunir ensemble même si l’on réintègre l’UMP, en faisant un club par exemple. Il faut que l’on ait une «structure sas» pour les moments où cela n’irait pas bien.

Les détestations entre certains à l’UMP sont aujourd’hui très fortes. Trop fortes pour faire avancer le parti et préparer les élections municipales de 2014?

Avec certains, il sera plus dur de se rabibocher et de regagner la confiance. La faute globale dans cette crise est plus du côté de Jean-François Copé que du côté de François Fillon, et tôt ou tard, cela se manifestera, ça se retrouvera. Mais je pense que les choses vont se calmer progressivement à l’UMP. Et puis je reste persuadé du rejet du gouvernement actuel, avec des personnes dans la rue pour manifester -comme ce dimanche sur le mariage homosexuel-, du manque de courage sur les questions de compétitivité pour ne pas se fâcher avec le Front de gauche. Je sais que pas mal de choses vont évoluer en 2013. 

Propos recueillis par Anne-Laëtitia Béraud
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