Le PS se colle aussi au «service après réformes»

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Publié le 9 janvier 2013.

REPORTAGE - Le parti de gouvernement a engagé aujourd’hui une grande opération de tractage pour faire le point sur les réformes, et met l’accent sur la lutte contre le chômage, alors que François Hollande a réclamé une mobilisation générale sur le front de l’emploi...

Station de métro Saint-Lazare (Paris 9e), 7h50 ce mercredi. Le jour n’est pas encore levé, le froid est mordant mais Harlem Désir tente de réchauffer l’atmosphère: «Meilleurs vœux, bonne année». C’est sa réplique lorsqu’un passant attrape le tract qu’il lui tend, voire, qu’il lui sourit, après avoir glissé ce slogan attrape tout: «Tout pour l’emploi».

Un accueil frais

C’est le premier déplacement de terrain de l’année du premier secrétaire du PS, qui sera suivi «de beaucoup d’autres», promet-on. Car le PS s’est mis au diapason du gouvernement, à qui François Hollande a réclamé une mobilisation de tous les instants sur le front du chômage et surtout de le faire savoir. Après une période de réorganisation suite au congrès, où le parti était plutôt tourné vers lui, revoilà «le PS mobilisé et au travail», nous assure Harlem Désir. En renouant le dialogue avec les organisations syndicales, reçues cette semaine, les autres partenaires de gauche, rencontrés ce mercredi et avec  les Français donc, toute l’année. Alors voilà le premier des socialistes tracts en main, entouré de David Assouline, le porte-parole du PS, et de quelques secrétaires nationaux, plantés devant l’escalator du métro, au milieu de la cohue, prêts pour l’opération «service après réforme» avec ce document tiré à deux millions d’exemplaires.

Harlem Désir ne semble pas extrêmement à l’aise dans l’exercice, se contentant de tendre le document rose et de scander «tout pour l’emploi». Un conseiller lui glisse: «Mets-toi plutôt là pour bien parler aux gens». Un recadrage pas suffisant pour faire s’arrêter des passants qui, pour la plupart à cette heure-là, filent au travail. L’accueil est la plupart du temps réservé – on prend le tract sans rien dire - parfois agacé – on esquive l’opération com’ en râlant. Plus rarement très chaleureux - certains ont toutefois réclamé une photo du premier secrétaire – ou très malpoli, avec insulte à la clé.

«Etre au contact là où sont les Français»

«Tôt le matin, à la sortie du métro, ce n’est pas le meilleur moment, consent Juliette Méadel, secrétaire national à l’Industrie, qui juge toutefois «l’accueil  bon». La preuve, «il n’y a pas eu d’insultes». «Et on prend nos tracts, ils ne sont pas déchirés», ajoute David Assouline. «Ca n’a rien à voir avec la campagne des européennes, c’est beaucoup mieux», souffle un autre cadre pour se rassurer. «Au moins, les Français ont le document en main, ils peuvent le lire plus tard, il y a nos coordonnées. C’est important qu’ils nous voient sur le terrain», explique Harlem Désir à 20 Minutes. La gare Saint-Lazare n’a pas été choisie par hasard: évidemment il y a du monde, mais aussi un public cible pour le PS, notamment les banlieusards qui travaillent à Paris, «ceux qui bossent dur, ceux qui sont touchés par la crise». «Il s’agit d’être au contact là où sont les Français. Le PS veut dialoguer avec les Français, c’est assez rare pour un parti de gouvernement», tient à souligner David Assouline.

Le dialogue peine toutefois à se nouer. Une femme s’arrête, lui fait remarquer qu’elle a l’impression qu’ils «sont nuls». Harlem Désir ne veut retenir que le mot «impression» et explique que ce type de remarque justifie cette opération. Il y a «un besoin de communication», notamment sur «toutes les mesures prises en faveur du pouvoir d’achat et contre le chômage», nous explique-t-il,  assurant au passage que non, François Hollande n’a donné aucune consigne en ce sens. «Nous sommes là pour expliquer et soutenir la politique du président, pour écouter les Français et faire remonter l’information au gouvernement», ajoute-t-il.

Maud Pierron
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