Jérôme Cahuzac, le 5 décembre 2012 à l'Assemblée nationale.
Jérôme Cahuzac, le 5 décembre 2012 à l'Assemblée nationale. - Thibault Camus/AP/SIPA

M.Gr.

L’ouverture, mardi, d’une enquête visant à vérifier si Jérôme Cahuzac a détenu un compte en Suisse fait réagir. 20 Minutes fait un petit tour d’horizon de ces réactions, alors que le ministre délégué au Budget a lui-même accueilli «avec satisfaction» ce développement judiciaire.

Sur BFMtv, Jean-Luc Mélenchon a estimé que «malgré l’enquête préliminaire sur la fraude fiscale il peut rester au gouvernement. C’est la justice dans les pays civilisés qui tranche des conflits de cette nature car il y va ou bien de l’honneur d’un média, ou bien de l’honneur d’un homme. Je fais confiance à la justice (…) Il ne faut pas juger Jérôme Cahuzac sur son air arrogant, sa mine de grand seigneur et son insolence de social libéral; c’est un homme qui a le droit au respect de ses droits de citoyens».

2013 à Bercy

Pour Pierre Moscovici, Jérôme Cahuzac passera l'année 2013 à Bercy. «Je dirai aux agents du ministère des Finances que nous avons fait 2012 ensemble et que nous ferons 2013 ensemble», a dit ce mercredi le ministre de l'Economie et des Finances sur Europe 1. Pierre Moscovici a ajouté qu'il travaillait «dans les meilleures conditions» avec Jérôme Cahuzac, que l'enquête «est un élément qui lui permettra de démontrer son innocence», et qu'il avait confiance en sa parole.

Prié de dire s'il pensait que Jérôme Cahuzac pouvait rester à Bercy, il a déclaré: «bien sûr.» Le ministre du Budget s'est félicité de la décision du parquet. «Cette démarche permettra, comme il l'a toujours affirmé, de démontrer sa complète innocence des accusations absurdes dont il fait l'objet», selon un communiqué du ministère du Budget.

Conflit d’intérêt

De son côté, la présidente du FN a estimé ce mercredi que Jérôme Cahuzac pouvait rester ministre, mais pas du budget, en raison d'un «conflit d'intérêts» après l'ouverture à son sujet d'une enquête préliminaire pour blanchiment de fraude fiscale.

Sur Radio Classique et Public Sénat, l'eurodéputée a argumenté: «le fait que Jérôme Cahuzac soit ministre du Budget pose un vrai problème d'institutions puisque par définition, l'enquête va avoir lieu auprès de ses propres services, qu'il dirige». «Il y a la présomption, il est peut-être innocent, mais même si cette enquête aboutit à son innocence, évidemment il existera un soupçon que celui-ci ait agi sur les services de Bercy», selon Marine Le Pen.

«Il y a un problème qui dépasse la personne de Jérôme Cahuzac, qui est un problème de conflit d'intérêts. Il peut rester ministre, mais pas ministre du budget», a-t-elle estimé.

«Un principe majeur»

Jean-François Copé, président de l'UMP, a quant à lui souligné, sur RTL, la nécessité de «respecter la présomption d'innocence» , rapporte Le Figaro. «J'ai toujours été extrêmement clair et toujours considéré qu'on devait respecter la présomption d'innocence», a déclaré le député-maire de Meaux, interrogé sur un souhait de démission du ministre du Budget exprimé par Valérie Rosso-Debord, déléguée générale adjointe de l'UMP.

«Surtout», a-t-il insisté, «lorsqu'il ne s'agit que d'allégations d'une certaine presse». «Combien j'aurais aimé, en d'autres temps - celui où nous étions nous-mêmes en responsabilité - que la gauche ne s'acharne pas comme elle le faisait alors», a ajouté l’ancien ministre délégué au budget, citant «Eric Woerth ou même Nicolas Sarkozy», détaille Le Figaro. «La présomption d'innocence est un principe majeur», a-t-il insisté.