Jean-François Copé, président de l'UMP, interrogé mercredi par RTL sur le ministre Jérôme Cahuzac, objet d'une enquête préliminaire, a souligné la nécessité de "respecter la présomption d'innocence".
Jean-François Copé, président de l'UMP, interrogé mercredi par RTL sur le ministre Jérôme Cahuzac, objet d'une enquête préliminaire, a souligné la nécessité de "respecter la présomption d'innocence". - Joel Saget afp.com

I.R. avec AFP

Une enquête préliminaire pour blanchiment de fraude fiscale a été ouverte mardi par le parquet de Paris afin de vérifier si Jérôme Cahuzac a détenu un compte en Suisse, ce dernier assurant accueillir ce développement judiciaire «avec satisfaction». Les politiques de tout bord ont réagi à l'ouverture de cette enquête en défendant la présomption d'innocence ou au contraire en demandant la démission du ministre.

Division à l'UMP

Jean-François Copé, président de l'UMP, interrogé ce mercredi sur Jérôme Cahuzac, objet d'une enquête préliminaire à propos d'un compte suisse présumé, a souligné la nécessité de «respecter la présomption d'innocence», alors que d'autres dans son parti ont souhaité la démission du ministre. «J'ai toujours été extrêmement clair et toujours considéré qu'on devait respecter la présomption d'innocence», a pour sa part fait valoir Jean-François Copé. «Surtout lorsqu'il ne s'agit que d'allégations d'une certaine presse».

«Combien j'aurais aimé, en d'autres temps - celui où nous étions nous-mêmes en responsabilité - que la gauche ne s'acharne pas comme elle le faisait», a soupiré Jean-François Copé, citant «Eric Woerth ou même Nicolas Sarkozy». «La présomption d'innocence est un principe majeur», a martelé celui qui fut aussi ministre du Budget.

Le député-maire de Meaux était interrogé par RTL sur un souhait de départ du ministre du Budget exprimé la veille par Valérie Debord, déléguée générale adjointe de l'UMP. Cette position est partagée mercredi matin par le député UMP Georges Fenech, magistrat de formation qui, dans un communiqué, s'est étonné du maintien au gouvernement de Jérôme Cahuzac. «Le ministre en charge du Budget, ayant autorité sur l'administration fiscale, se trouve de fait dans une situation de conflit d'intérêt qui ne pourra que générer des suspicions quant à l'entière liberté d'action d'une administration placée sous ses ordres et qui pourrait être amenée à répondre aux enquêteurs», a argumenté l'ancien juge d'instruction. «La totale transparence et indépendance de la justice commande à l'évidence que M. Cahuzac se mette provisoirement en retrait de ses fonctions ministérielles».

 

 

Jean-Luc Mélenchon soutient Cahuzac malgré «son air arrogant»

Jean-Luc Mélenchon qui s’est vivement affronté au ministre du Budget lundi soir sur France 2 ne veut pas le départ de Jérôme Cahuzac du gouvernement. «Ne jugez pas Jérome Cahuzac sur son air arrogant, sa mine de grand seigneur, et son insolence de social-libéral», a-t-il dit sur BFM TV/RMC ce mercredi matin.

«C'est la justice, dans les pays civilisés, qui tranche des conflits de cette nature, car il y va de l'honneur d'un média ou de l'honneur d'un homme», a déclaré Jean-Luc Mélenchon. «On n'a pas le droit d'attaquer un homme tant que la Justice n'a pas fait la démonstration», a-t-il ajouté, rappelant l'affaire Baudis, l’ex-maire de Toulouse accusé par des prostituées d’être le complice du tueur en série Patrice Alègre.

 

 

Le «oui mais» de Marine Le Pen

Pour Marine Le Pen, Jérôme Cahuzac n’a pas à quitter le gouvernement mais il ne peut rester ministre du Budget. «Le fait que M. Cahuzac soit ministre du Budget pose un vrai problème d'institutions puisque par définition, l'enquête va avoir lieu auprès de ses propres services, qu'il dirige», a-t-elle déclaré mercredi sur Radio Classique.