L'homme d'affaires franco-libanais, Ziad Takieddine, le 5 octobre 2011 à Paris.
L'homme d'affaires franco-libanais, Ziad Takieddine, le 5 octobre 2011 à Paris. - G.FUENTES / REUTERS

A.D.

Ziad Takieddine, l’intermédiaire en armement franco-libanais mis en examen dans l’affaire Karachi, affirme détenir les preuves que la campagne 2007 de Nicolas Sarkozy a été en partie financée par la Libye, selon des informations du Parisien, ce mercredi.

Entendu le 19 décembre par le juge Renaud van Ruymbeke au sujet de sa possible complicité dans le financement illicite de la campagne d’Edouard Balladur en 1995, Ziad Takieddine aurait affirmé que l’aide de Mouammar Kadhafi à Nicolas Sarkozy pendant la campagne pour l’élection présidentielle 2007 s’est élevée à plus de 50 millions d’euros. Un coup de pouce qui aurait été particulièrement abondant «en décembre 2006 et janvier 2007».

Claude Guéant comme intermédiaire

Pour l’homme d’affaires, plusieurs rencontres ont eu lieu entre le secrétaire particulier de Mouammar Kadhafi, Béchir Saleh, et Claude Guéant, le directeur de cabinet du ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy. Béchir Saleh aurait alors rédigé des comptes-rendus de ces rencontres à destination du Guide de la Révolution.

Des documents qui seraient entre les mains du dernier Premier ministre de ce dernier, Mamouhdi Bagdadi. Ziad Takieddine aurait affirmé au magistrat que Bagdadi était disposé à fournir ces documents. L’homme d’affaires aurait également révélé avoir les preuves que le régime de Kafhafi a aidé la France par l’intermédiaire de «trois sociétés» qui auraient «bénéficié en Libye de contrats pour des prestations fictives», détaille l’intermédiaire. Une couverture leur permettant de percevoir d’importantes sommes.

Claude Guéant, a catégoriquement nié ces accusations ce mercredi. «Tout cela est absolument fantaisiste, c'est complètement faux», a-t-il déclaré à Reuters. «Je me demande bien ce qui peut conduire à dire des choses qui sont complètement fausses», a-t-il ajouté. L'ancien ministre de l'Intérieur a ajouté que, s'il lui était arrivé de rencontrer Bachir Saleh, «il n'a jamais été question de ces choses-là, jamais!».