Prélèvements d'ovules sur une patiente au bloc  opératoire en vue de l'insémination, à la  Clinique spécialisée de la Muette, à Paris, le 7 octobre 2010.
Prélèvements d'ovules sur une patiente au bloc opératoire en vue de l'insémination, à la Clinique spécialisée de la Muette, à Paris, le 7 octobre 2010. - MELANIE FREY/JDD/SIPA/1010111334

Une question qui divise la droite et la gauche… mais aussi au sein même de la gauche. Le groupe socialiste s'est prononcé mercredi pour le dépôt, dans le cadre du texte sur le mariage homosexuel, d'un amendement élargissant l'assistance à la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de lesbiennes ayant un projet parental.

Le projet de loi en faveur du mariage pour tous prévoit la légalisation du mariage et de l'adoption pour les couples de même sexe, mais exclut la PMA pour les couples de lesbiennes. Le président du groupe PS, Bruno Le Roux, a réuni mercredi matin ses députés pour trancher ce sujet, qui divise aussi au sein du groupe socialiste.

Un sujet qui «relève de la médecine et de l'éthique»

Premier signe, mercredi matin: la décision de déposer l’amendement a été adoptée par 126 voix contre 61 et une abstention, soit moins de la moitié de l'ensemble du groupe (296 députés en comptant les apparentés). «Ce projet ne concernait que le Code civil. Là, il relèvera aussi du Code de la santé publique. La PMA relève du domaine médical, on veut en faire un sujet ­sociétal», a dénoncé Gérard Bapt.

L'ancienne ministre Élisabeth Guigou et le spécialiste des questions bioéthique au PS, Alain Claeys, sont sur la même ligne. «La PMA n'a rien à faire dans un texte ­sociétal. Ce sujet relève de la médecine et de l'éthique», dénonce encore Pascal Terrasse.

Pétition

Proche du Premier ministre, Olivier Faure, qui a voté contre lui aussi, va plus loin: «On est en train de se mettre une épine dans le pied. On avait l'ensemble de la gauche rassemblée sur le mariage et l'adoption pour les couples homosexuels. Si on introduit la PMA, on divise la gauche, et l'opposition se réunifie contre le texte.» Le député de Seine-et-Marne, qui souhaite que le sujet soit débattu lors d'une révision des lois bioéthiques, a invité Bruno Le Roux à «retirer l'amendement pour éviter un débat inutile à ce stade».

L'opposition à la PMA est montée d'un cran mercredi en fin d'après-midi. Une pétition signée par une trentaine de députés devait parvenir à Le Roux pour lui demander de retirer leur nom du texte. Ils y invoquent également leur liberté de conscience pour refuser de voter l'amendement PMA. Le projet de loi sera examiné en séance publique par les députés à partir du 29 janvier.

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