Jean Marc Ayrault, premier ministre et Arnaud Montebourg, ministre du redressement productifle 15 octobre 2012
Jean Marc Ayrault, premier ministre et Arnaud Montebourg, ministre du redressement productifle 15 octobre 2012 - ELSNER FABRICE/20 MINUTES/SIPA

Avec Reuters

Jean-Marc Ayrault et Arnaud Montebourg se parlent : c'est la seule conclusion que l'on pouvait tirer dans l'immédiat du déjeuner de vendredi à Matignon entre les deux hommes au terme d'une séquence tendue sur la gestion du dossier Florange.

Arrivé sous la pluie pour ce tête-à-tête, qui était précédé d'une réunion de travail, le ministre du Redressement productif est ressorti un peu moins de deux heures plus tard. «C'était très agréable. Nous avons mangé du poulet de Bresse», fut la seule déclaration à la presse de l'élu de Saône-et-Loire, chantre du «made in France».

Trahison et nationalisation

Une discrétion à l'image du silence observé depuis le 30 novembre, date du désaveu dont il estime avoir été l'objet sur le dossier du sauvetage du site industriel d'ArcelorMittal. Le ministre du Redressement productif défendait une «nationalisation temporaire». Le chef du gouvernement en a décidé autrement, au grand dam des syndicats qui ont parlé de trahison, obligeant François Hollande à sortir du bois pour se faire le garant des engagements pris par le propriétaire du site.

Arnaud Montebourg, qui a mis sa démission dans la balance, sort grandi de cette séquence dans les sondages d'opinion. Il gagne neuf points dans le dernier baromètre Ifop pour Paris Match où le Premier ministre en perd cinq et le président deux. Depuis son entrée au gouvernement, le bouillonnant ministre du Redressement productif, dossier crucial en ces temps de crise industrielle, a fait autant parler par son volontarisme affiché face aux plans sociaux que par ses déclarations intempestives sur des dossiers délicats comme PSA, Doux ou Florange.

Deux styles opposés

Ce dernier dossier a remis au premier plan sa rivalité avec Jean-Marc Ayrault. L'inimitié entre les deux hommes aux styles opposés, théâtral pour l'un, austère pour l'autre, ne date pas d'hier.
L'homme des 17% à la primaire socialiste de 2011 avait défié l'ancien maire de Nantes en se portant candidat à la présidence du groupe socialiste à l'Assemblée nationale après les défaites électorales de 2002 et en 2007.

Les deux hommes ont été observés à la loupe cette semaine au Maroc, où ils se sont rendus avec sept autres ministres français pour un dîner avec le roi Mohammed VI et une «réunion de haut niveau» avec leurs homologues marocains. Très sollicité, Arnaud Montebourg s'est gardé de tout commentaire officiel, invitant les journalistes à tomber le stylo et répétant qu'il laissait la parole au Premier ministre.