UMP: situation de nouveau bloquée, des non-alignés tentent un compromis

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Publié le 29 novembre 2012.

La situation était de nouveau bloquée à l'UMP mercredi, Jean-François Copé et François Fillon se montrant toujours aussi inflexibles, malgré un compromis proposé par 71 députés emmenés par des "non-alignés".

Au onzième jour de cette crise interminable, qui rend le parti hors d'état de s'opposer au pouvoir socialiste, les deux protagonistes s'accusaient toujours mutuellement d'être responsables de l'impasse.

Dans la matinée, sur fond de lassitude des parlementaires, 50 députés, devenus 71 dans la soirée et emmenés par les "non-alignés" Nathalie Kosciusko-Morizet et Bruno Le Maire, avaient pourtant proposé un compromis: à François Fillon de dissoudre son nouveau groupe parlementaire avant 15H00; à Jean-François Copé de constituer un comité des sages pour préparer un référendum auprès des militants de l'UMP.

Saisissant la balle au bond, M. Copé en a fait un "ultimatum", immédiatement refusé par François Fillon.

"On ne cède pas aux ultimatums chronométrés de qui que ce soit", a lancé François Fillon devant son groupe, le R-UMP (Rassemblement-UMP), selon un participant.

"Le groupe existera tant" que ne seront pas réunies les conditions d'un nouveau vote serein, avec des garanties d'impartialité, a renchéri le député filloniste Jérôme Chartier.

A 15H00, l'ultimatum est tombé et le Rassemblement-UMP, qui acte la scission à l'Assemblée du premier parti d'opposition, existait toujours.

Conséquence immédiate: "Maintenant, nous arrêtons, nous nous mettons au travail", a lancé la copéiste Michèle Tabarot, secrétaire générale dans la nouvelle équipe de l'UMP.

Un peu plus tôt, un autre proche de M. Copé, Christian Jacob, avait pourtant fait un geste, en proposant "une commission paritaire indépendante", donc impartiale, pour organiser le référendum. Une demande forte des fillonistes.

Cette idée de référendum, qui demanderait aux militants s'ils souhaitaient revoter pour désigner leur président, avait été approuvée par les deux camps mardi. Un vrai geste d'apaisement après dix jours d'affrontement et la rencontre mardi entre les deux frères ennemis, à la demande de l'ancien président de la République Nicolas Sarkozy.

"Marre de ce foutoir"

Mais mercredi, retour à la case départ.

"Désormais, je ne vais plus être que le premier opposant à François Hollande", affirmait Jean-François Copé, le président proclamé et contesté du parti. La pression pour sortir de la crise s'est néanmoins accentuée avec une motion du groupe UMP au Sénat, à majorité filloniste, pour de nouvelles élections au sein du parti.

Et le déblocage pourrait venir de la base, où la grogne monte. Trois fédérations de l'est de la France (Territoire de Belfort, Doubs, Jura) ont appelé leurs chefs à l'union et à une nouvelle élection.

"On a l'impression qu'il y a 30 excités à Paris, devenus complètement fous, alors que les 330.000 militants de l'UMP souhaitent que l'on sorte de cette situation", a déclaré à l'AFP le député du Territoire de Belfort, Damien Meslot, proche de Xavier Bertrand. Ce dernier a affirmé qu'il en avait "marre de ce foutoir".

Des ténors de l'UMP espéraient toujours une sortie de crise.

"Je garde bon espoir (...) Rien n'est encore véritablement figé", a affirmé Brice Hortefeux. Selon Bruno Le Maire, s'il n'y a "pas une solution immédiate, il y a un processus de sortie de crise sur la table".

Dans ce contexte, tant Jean-François Copé que François Fillon ont vu leur cote de popularité dégringoler de six points, à 20% pour le premier et à 38% pour le second, selon un sondage TNS Sofres. Et la chute est encore plus violente chez les sympathisants de droite (-16 pour Fillon à 56%, -15 pour Copé à 34%).

L'UDI de Jean-Louis Borloo et le Front national de Marine Le Pen espéraient toujours profiter de cette situation.

"Nous, on veut s'occuper des Français. Eux, ils sont en train de s'occuper d'eux-mêmes", avait beau jeu de lancer Jean-Christophe Lagarde, porte-parole du groupe UDI à l'Assemblée.

© 2012 AFP
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