Nicolas Sarkozy lors de son arrivée dans un grand hôtel de New York afin d'y donner une conférence, le 11 octobre 2012.
Nicolas Sarkozy lors de son arrivée dans un grand hôtel de New York afin d'y donner une conférence, le 11 octobre 2012. - A.KELLY / REUTERS

Anne-Laëtitia Béraud

Un Nicolas Sarkozy «excédé par la situation» à l'UMP, selon l’ancien ministre David Douillet, a pris les choses en main ce mardi. L’ancien chef de l’Etat, qui aurait menacé les deux rivaux Jean-François Copé et François Fillon à la tête de l’UMP d’un communiqué furieux, les aurait pressés de se rencontrer mardi après-midi à l’Assemblée nationale. Il aurait également été le partisan de l’option engagée ce mardi, celle d’un référendum devant mener à une nouvelle élection à la tête de l’UMP.

Nicolas Sarkozy, dont la parole reste privée, semble omniprésent alors que le parti qu’il a dirigé pendant dix ans s’embourbe dans la crise, dix jours après l’élection contestée à la présidence de l’UMP. Indispensable même, malgré son échec à l’élection présidentielle de mai, puisqu’aucun successeur n’apparaît aujourd’hui légitime.

Aura d’autorité

C’est ainsi que l’ancien chef d’Etat apparaît incontournable. Il faut dire que le silence qui l’entoure lui confère une nouvelle autorité, efface son échec de mai dernier. Les éloges ne tarissent pas ce mardi. «Il a eu un rôle éminent» dans cette crise, affirme le député filloniste Lionel Tardy sur BFMTV mardi, Nicolas Sarkozy représentant «le dernier étage, après l’échec de la médiation d’Alain Juppé». «Nicolas Sarkozy était indispensable pour sortir [de cette crise] par le haut», ajoute le parlementaire. Alain Juppé, promu quelques jours plus tôt juge de paix avant de jeter l’éponge, déclare face à la presse que Nicolas Sarkozy «s’est engagé pour arrêter le jeu de massacre» actuellement à l’œuvre à l’UMP.

Le silence de Nicolas Sarkozy dans cette crise interne à l’UMP est aussi motivé par un décret du 13 novembre 1959 relatif aux obligations du Conseil constitutionnel. L’ancien chef de l’Etat, membre de droit de ce conseil doit «s'abstenir de tout ce qui pourrait compromettre l'indépendance et la dignité de leurs fonctions» et refuser «d'occuper au sein d'un parti ou groupement politique tout poste de responsabilité ou de direction et, de façon plus générale, d'y exercer une activité inconciliable avec les dispositions de l'article premier ci-dessus». Si le texte de loi est soumis à interprétations, Nicolas Sarkozy n’a aucun intérêt à s’exprimer publiquement sur ce sujet.

«Son» parti en crise, la séquence semble néanmoins positive pour l’ancien chef de l’Etat. Nicolas Sarkozy construit ici une nouvelle image de son personnage, qui lui servira en cas de retour -ou non- pour préparer l’élection présidentielle de 2017.

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