UMP: L'implosion annoncée

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Publié le 25 novembre 2012.

POLITIQUE - Devant la méfiance de Jean-François Copé, Alain Juppé a jeté l'éponge. François Fillon affirme qu'il va saisir la justice...

La «réunion de la dernière chance» a tourné court. A peine 45 minutes après le début de l’entrevue entre Jean-François Copé, François Fillon et le médiateur Alain Juppé, le maire de Bordeaux jette l’éponge. «Les conditions d’une médiation ne sont pas réunies», fait savoir l’ancien Premier ministre dans un communiqué. Les télés passent en édition spéciale, Fillon dégaine un premier texte accusateur: «Soucieux de sortir de l’impasse dans laquelle les coups de force successifs de Jean-François Copé ont plongé notre parti, je saisirai la justice», écrit le député de Paris. De leur côté, les partisans Copé se ruent à la mairie du VIe arrondissement pour accorder leurs éléments de langage. «Le processus juridique ne doit pas être interrompu, la commission des recours travaille», déclare le président auto-proclamé de l’UMP.

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La méfiance de Copé

Entre les deux clans, le fossé n’a jamais été aussi grand. Et aucune instance ne semble capable aujourd’hui de rapprocher les frères ennemis. Les copéistes ne jurent que par la commission nationale des recours qui a commencé à travailler dimanche matin. Sauf que les représentants de Fillon ont quitté cette commission dès les premières minutes des travaux. Ils la soupçonnent d’être acquise à la cause du député-maire de Meaux. «Nous soutenons toutes les propositions d’Alain Juppé, mais rien que les propositions d’Alain Juppé», déclare alors Eric Ciotti. Copé s’est lui méfié depuis le début de la médiation d’Alain Juppé. Une méfiance dont avait conscience le maire de Bordeaux. «Je n’ai que peu de chances de réussir [ma médiation], je sais que ce n’est pas acquis », a-t-il ainsi affirmé sur Europe 1 dès le matin.

Selon un de ses partisans contacté par 20 Minutes, Copé a donc refusé les conditions de Juppé qui a préféré jeter l’éponge. Après une semaine de guerre fratricide, les risques d’une implosion sont réels. Surtout si François Fillon va jusqu’au bout de sa démarche et saisit la justice. Déjà, certains de ses partisans évoquent la création d’un groupe parlementaire indépendant. Dans ce maelström, un autre personnage a fait sa réapparition dimanche. L’entourage de Nicolas Sarkozy a fait savoir à l’AFP que l’ancien président avait pris contact avec Juppé et qu’il est «favorable à toute initiative qui peut permettre de régler la situation.»

Matthieu Goar

Les risques financiers d'une scission

Et si les Fillonistes faisaient leur bagages et quittaient l’UMP? C’est le scénario catastrophe qu’aucun responsable UMP n’osait imaginer jusque-là. Pourtant la menace d’une scission existe bel et bien. Dimanche soir, le filonniste Lionel Tardy a déjà réclamé la création d’un groupe « indépendant différent de celui de Jean-François Copé», au sein de l’Assemblée sans s’avancer sur l’idée d’un nouveau parti. L’hypothèse d’un départ de l’UMP des parlementaires pro-Fillon aurait de graves conséquences financières pour le principal parti d’opposition qui risquerait en cas d’implosion de voir filer plusieurs millions d’aides publiques. Chaque parlementaire rapporte en effet 41 224 euros à son parti tous les ans. La semaine dernière, pas moins de 134 parlementaires ont signé une tribune en faveur de l’ancien Premier ministre. Ils ont jusqu’au 30 novembre pour se décider.

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