Alain Juppé, le 25 juin 2012 à Bordeaux
Alain Juppé, le 25 juin 2012 à Bordeaux - S.ORTOLA/20MINUTES

Maud Pierron

Où va l’UMP? Une heure à peine après qu’Alain Juppé a détaillé ce vendredi les conditions – à prendre ou à laisser – pour qu’il puisse jouer un rôle d’arbitre dans la guerre qui oppose François Fillon à Jean-François Copé, son initiative semble de nouveau torpillée après un bref espoir.

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En effet, si François Fillon a fait savoir par son entourage qu’il acceptait l’ensemble des conditions posées par l’ancien Premier ministre, le clan Copé les a rejetés. Le président de la commission nationale des recours, Yanick Paternotte, copéiste revendiqué, fait blocus. Il refuse la principale demande d’Alain Juppé: que tous les membres de la commission nationale des recours qui avaient pris position pendant le scrutin «se déportent» - soit s’écartent - pour que la commission nationale des recours, qui va «vérifier et valider» le résultat de l’élection, soit «incontestable». Or, la grande majorité de cette instance est composée de soutiens à Jean-François Copé, raison pour laquelle d’ailleurs François Fillon a jusque-là refusé d’y faire appel.

«C’est accepté ou ce n’est pas accepté»

L’entourage du député-maire de Meaux se retranche derrière l’argument du juridique: «Seul vaut le verdict qui sera rendu par la commission nationale des recours», comme l’a dit Copé ce vendredi matin lors d’une conférence de presse. Il refuse donc de modifier la composition de la commission nationale des recours. En revanche, Jean-François Copé a accepté de rencontrer Alain Juppé, dimanche à 19 heures.

Que va faire Alain Juppé? Va-t-il tenter de trouver une voie médiane ou va-t-il jeter l’éponge? En effet, quand le maire de Bordeaux a détaillé ses conditions à midi, il a clairement expliqué que c’était à prendre ou à laisser. «C’est accepté ou ce n’est pas accepté. Je ne suis pas prêt à toutes les gesticulations. Je ne vais pas me laisser embarquer dans des médiations infinies», a prévenu le maire de Bordeaux qui n’est pas décidé à se laisser instrumentaliser.  Ce n'est plus «la présidence de l'UMP qui est en jeu», mais son «existence», averti Alain Juppé. Il dit espérer parvenir à «faire baisser la température» et trouver «une solution». «Je ne suis pas sûr de réussir, je suis prêt à le faire, mais pas à n'importe quelles conditions», a-t-il conclu.

Et l'atmosphère n'est pas prête de se détendre. Dans la soirée, Jean-François Copé a affirmé qu'il ne se laisserait jamais «voler sa victoire» et a attaqué la prétendue neutralité d'Alain Juppé. De son côté, François Fillon a saisi la commission des recours. C'est Eric Ciotti, son ex-directeur de campagne qui l'a affirmé dans un communiqué. Néanmoins, précise le texte, «François Fillon rappelle son souhait impératif que l'examen de tout recours contre l'élection se fasse dans les conditions d'impartialité et de transparence voulues par Alain Juppé». Dès lors, «le recours que nous avons présenté indique que la composition actuelle de la commission des recours n'offre absolument aucune garantie ni d'impartialité ni de transparence».