UMP: Alain Juppé pose un ultimatum pour sa mission de médiation

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Publié le 23 novembre 2012.

POLITIQUE - L'ex-Premier ministre n'a pas l'intention de se laisser embarquer par les demandes d'un camp ou d'un autre et pose ses conditions...

Alain Juppé refuse d’être pris en otage dans la guerre Fillon-Copé. Alors que les escarmouches ont repris de plus belles entre les deux camps ce vendredi matin, après une illusion d’accalmie jeudi soir, le maire de Bordeaux a haussé le ton et posé les conditions à sa médiation. Et, a-t-il insisté, c’est à prendre ou à laisser. «C’est accepté ou ce n’est pas accepté. Je ne suis pas prêt à toutes les gesticulations. Je ne vais pas me laisser embarquer dans des médiations infinies», a-t-il tonné à Bordeaux, d’où il a donné une conférence de presse quelques minutes après la fin de celle de Jean-François Copé. L'entourage de François Fillon a déjà fait savoir que l'ex-Premier ministre acceptait l'ensemble des conditions. 20Minutes revient en détail sur l’ultimatum d’Alain Juppé.

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Une mission limitée dans le temps
Depuis dimanche soir, l’UMP est englué dans un conflit dont on peine à imagine la fin rapide. Alain Juppé, lui a clairement posé des limites dans le temps à sa mission, si les deux parties l’acceptent.  Il veut que la commission de médiation commence son travail dès lundi et prenne fin d’ici 15 jours maximum. A une question sur son investissement à Bordeaux, il a répondu: «je ne me substitue pas à Jean-François Copé ou François Fillon, j’accepte une mission de 10, 15 jours», ce qui peut poser question sur l'issue de la crise alors que certains réclament une direction collégiale. Il veut une petite équipe pour travailler plus vite, cinq personnes pas plus, dont un représentant de Fillon, un de Copé et deux membres neutres.

Une rencontre tripartite
Alain Juppé souhaite rencontrer ensemble Jean-François Copé et François Fillon d’ici dimanche soir «pour mettre au point les modalités» de la mission de médiation «pour voir si on peut se mettre d’accord». Il s’agira notamment de savoir si «oui ou non ils me font confiance, est-ce que oui ou non ils se font confiance», dit-il.  «Si on n’est pas d’accord, j’en tirerais les conclusions» et «si la réunion ne peut pas avoir lieu, j’en tirerais les conséquences», prévient-il.

Une  Commission nationale des recours sous haute surveillance
C’est «le point dur» dans le conflit Copé-Fillon, reconnaît Alain Juppé. Copé estime que celle cette commission, conformément aux statuts, peut «vérifier et valider» une élection et Fillon refuse toute conclusion de cette commission qu’il juge «partiale» car acquise à son rival. Alain Juppé réclame que cette commission, saisie par Copé et qui doit commencer ses travaux dimanche ne se réunisse pas avant la mission de médiation qui se réunit elle lundi. En bref, le maire de Bordeaux demande à la commission des recours d’ajourner sa séance de dimanche.  «J’en fait une demande forte», insiste-t-il. Il réclame surtout que «tous les membres qui ont pris position» pour l’un ou l’autre des candidats «se déporte». «Il faut qu’elle soit incontestable», insiste-t-il, ce qui n’est pas le cas actuellement. «C’est normal que dans une instance arbitrale», il n’y ait pas «de partisan», a-t-il développé. Un point qui devrait ravir François Fillon. Mais il a aussi donné un point à Copé en affirmant que «la commission nationale des recours existe» et qu’elle a un rôle «statutairement», elle «fera son travail et nous observerons». Il a également coupé la poire en deux en affirmant: «la médiation portera un jugement sur le travail de la commission». Ainsi, le clan Copé comme le clan Fillon peut se sentir conforté par cette déclaration. Alain Juppé a également demandé qu’un observateur de la mission de médiation assiste à tous les travaux de la commission. 

Une baisse de la température
Alain Juppé espère que la rencontre tripartite qu’il appelle de ses vœux permettra de faire baisser la tension car en face à face, on est moins violents verbalement que par médias interposés, «c’est le jeu», assure-t-il. Mais d’ici là, il «demande à Jean-François Copé et François Fillon de cesser toute attaque». Même chose pour les lieutenants des deux hommes.

Maud Pierron
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