Le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg, le 5 novembre 2012 au siège de Renault, à Paris.
Le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg, le 5 novembre 2012 au siège de Renault, à Paris. - Jacques Brinon/AP/SIPA

M.P.

Le ministre de l’Economie a dû reprendre ce vendredi matin son collègue du redressement productif. Arnaud Montebourg a en effet menacé jeudi de nationaliser de manière temporaire le site de Florange, propriété d’ArcelorMittal. L’entreprise a décidé le 1er octobre dernier de fermer le haut-fourneau, qui était à l’arrêt depuis plus d’un an et a accepté, sous la pression du ministre, de donner un délai de soixante jours pour qu’un repreneur se manifeste.

Invité de LCI ce vendredi matin et interrogé sur le sujet, Michel Sapin a expliqué que «la bonne solution, c'est d'examiner les propositions faites par d'autres entreprises pour faire en sorte qu'ArcelorMittal accepte de vendre à pas cher», ajoutant qu'«on n'est plus dans une époque où on nationalise la sidérurgie».

Un serial gaffeur?

Et pour que le recadrage soit bien clair, un communiqué a été diffusé tôt ce vendredi matin, signé à la fois par Michel Sapin et par Arnaud Montebourg. Les deux ministres «tiennent à préciser qu'ils partagent le même but pour le site de Florange: trouver une solution qui garantisse son avenir intégré et y permette le maintien de l'emploi». Et d’ajouter: «Dans cette perspective, il ne s'agit évidemment pas de nationaliser l'ensemble du secteur sidérurgique français, ainsi que l'a souligné Michel Sapin ce matin sur LCI. C'est au groupe ArcelorMittal qu'il revient de prendre ses responsabilités et d’accepter d'envisager un processus de cession de l'ensemble du site, qui suscite l'intérêt de plusieurs repreneurs.»

 

Ce n’est pas la première fois qu’Arnaud Montebourg est recadré par l’un de ses collègues du gouvernement, voire par le Premier ministre, comme lorsqu’il avait expliqué que «le nucléaire est une filière d’avenir» alors que le président Hollande s’est engagé à réduire la part du nucléaire. Ou encore lorsqu’il s’était élevé contre le choix de la banque Lazard pour la Banque publique d’investissements.