UMP: «L'objectif, c'est de tuer Jean-François Copé», selon Camille Bedin

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Publié le 22 novembre 2012.

INTERVIEW - La secrétaire nationale de l'UMP, soutien de Jean-François Copé, réagit aux derniers rebondissements pour «20 Minutes»...

Vous acceptez la médiation d’Alain Juppé, pourquoi avoir tant tardé au risque d’aggraver les divisions?
D’abord, nous acceptons la médiation d’Alain Juppé une fois que les statuts auront été appliqués. C'est-à-dire une fois que nous aurons saisi la commission des recours pour demander l’annulation des trois bureaux de vote où il y a eu des fraudes, et que nous aurons compté sur cette base. Une fois que nous aurons fait cela, Alain Juppé pourra travailler sur la base  des vrais chiffres.

Mais pourquoi ne pas avoir accepté plus tôt cette proposition qui était sur la table dès mercredi?
C’est grave et dommage d’en arriver là. On avait obtenu à la Cocoe un accord, approuvé par le clan Fillon, pour entériner un résultat, et ce malgré des bureaux de votes frauduleux. On s’était accordé pour que cette séquence soit finie et qu’on passe à autre chose. Mais puisque les fillonnistes ne veulent pas passer à autre chose, on va prendre les vrais chiffres. Et les vrais chiffres, c’est que Jean-François Copé a 900 voix d’avance, comme nous le disons depuis le début.

Le copéiste Jérôme Lavrilleux a tout dévoilé en conférence de presse. Vous pouviez garder ces éléments pour la commission des recours. Là, ça ne peut qu’aggraver la situation alors que les militants sont déjà dégoûtés…
On ne voulait pas en arriver là encore une fois, on ne voulait pas étaler les fraudes de certains responsables de l’UMP. Nous ne sommes à l’origine de quoi que ce soit, malgré les fraudes que nous avons volontairement tues pour préserver le parti, malgré le fait que nous avions 900 voix d’avance et non 98.

Donc vous sortez l’arme nucléaire?
Mais nous sommes attaqués par un putsch ridicule, il faut réagir. Parce qu’ils veulent saborder l’UMP. François Fillon a renoncé à la présidence de l’UMP, alors pourquoi font-ils ça? L’objectif, c’est de tuer Jean-François Copé, de laminer le président de l’UMP. Et si on lamine le président de l’UMP, on lamine l’UMP. On est face à une bande d’irréductibles qui ne veulent pas reconnaître leur défaire.

Le parti est au bord de l’explosion. Ne craignez-vous pas de devoir faire face à une fuite des militants?
Je ne crois pas à l’explosion du parti. Les militants sont excédés mais ils tiennent le coup pour l’instant. Toutefois, il ne faut pas que ça dure. Il y a des départs malheureux pour l’instant qui pourraient être dangereux si cela continuait. Ce que je crains, c’est que le camp Fillon refuse de travailler sur la base des résultats de la commission des recours [Valérie Pécresse a déjà affirmé qu’elle le refusait] et qu’on parte sur des semaines, si ce n’est des mois de procédures judiciaires. L’UMP serait affaiblie, alors que nous avons une opposition à organiser et des élections à préparer. C’est très inquiétant. Il faut donc taper du poing sur la table et que ceux qui se vantent d’être des hommes d’Etat se comportent en responsables et non en irresponsables.

Propos recueillis par Maud Pierron
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