«C'est une réforme de société et on peut même dire une réforme de civilisation», affirme Christiane Taubira au sujet du projet de loi sur l'ouverture du mariage et de l'adoption aux couples homosexuels présenté ce mercredi en Conseil des ministres, dans un entretien publié dans Ouest-France.

«Nous n'avons pas l'intention de faire comme si nous ne retouchions que trois ou quatre virgules dans le Code civil. Mais nous pensons que notre société est capable, dans sa majorité, de l'accepter», estime la garde des Sceaux. «Pourquoi? Parce que les Français vivent au quotidien des situations de couples de personnes de même sexe, de familles homoparentales, et qu'ils savent que ce n'est pas une catastrophe. Nous ne faisons qu'ajuster le droit à une réalité sociale et humaine». Christiane Taubira en «appelle au sens de l'égalité des Français». «L'égalité, cela ne se postule pas simplement, elle se met en pratique», insiste-t-elle.

La ministre de la Justice confirme par ailleurs ne pas avoir inscrit dans le texte l'accès à la procréation médicalement assistée (PMA) pour les couples de femmes car «cela n'entre pas dans le champ de l'égalité». «La PMA est régie par les lois bioéthiques. Elle est autorisée à des couples stables, infertiles ou atteints d'une maladie héréditaire. Et elle ne peut pas s'appliquer aux couples masculins. Il y a donc inégalité», argumente-t-elle. «S'il y a une majorité et un amendement voté (au Parlement), le gouvernement en prendra acte. Nous en débattrons. Je porterai la voix et la position du gouvernement», ajoute-t-elle encore.

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