Immigration: «Un peu plus» d'expulsions d'étrangers en 2012 qu'en 2011, selon l'Intérieur

POLITIQUE Les chiffres dépassent le record de 2011...

© 2012 AFP

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Il y aura "un peu plus" de reconduites à la frontière en 2012 qu'en 2011, soit plus que le record de 33.000, mais ce n'est pas le résultat "d'un objectif chiffré", a indiqué vendredi à l'AFP le cabinet du ministre de l'Intérieur.

Il y aura "un peu plus" de reconduites à la frontière en 2012 qu'en 2011, soit plus que le record de 33.000, mais ce n'est pas le résultat "d'un objectif chiffré", a indiqué vendredi à l'AFP le cabinet du ministre de l'Intérieur. — Frank Perry afp.com

Il y aura «un peu plus» de reconduites à la frontière en 2012 qu'en 2011, soit plus que le record de 33.000, mais ce n'est pas le résultat «d'un objectif chiffré», a indiqué vendredi à l'AFP le cabinet du ministre de l'Intérieur. «En 2012, le nombre d'éloignements sera supérieur à celui de 2011», avait indiqué Manuel Valls jeudi soir devant des députés, sans fournir plus de précisions.

«Il y a de la part de ce gouvernement, une volonté de mener une politique humaine, juste, mais très ferme sur les reconduites à la frontière», avait-il toutefois ajouté. Il s'était dit opposé à une «politique du chiffre qui pèse énormément sur les forces de l'ordre. Elle amène à des comportements, à des tensions qui ne conduisent pas à l'efficacité.»

Vide juridique

Claude Guéant, alors ministre de l'Intérieur, avait indiqué en début d'année viser la barre des 40.000 reconduites à la frontière en 2012 en cas de réélection de Nicolas Sarkozy. Le bilan 2012 sera finalement inférieur à cet objectif de la droite car «le nombre d'éloignements diminue progressivement depuis mars», a souligné le cabinet de Manuel Valls.

Cette baisse n'est pas la résultante de consignes, mais découle de l'impossibilité de recourir à la garde à vue pour les sans papiers depuis des décisions de la justice européenne et de la Cour de cassation, selon cette source. Un système de «retenue administrative» de 16 heures «pour vérification d'identité» est actuellement débattu au Parlement pour pallier ce vide juridique.

Difficultés d'évaluer le nombre de clandestins

Le nombre des expulsions était de 9.000 en 2001 sous le gouvernement du socialiste Lionel Jospin. Il a été de 24.000 en 2007 sous l'impulsion de M. Sarkozy pour atteindre le record de 33.000 en 2011. Une partie de la hausse s'explique par l'éloignement de Roms grâce au mécanisme de l'aide au retour humanitaire (une incitation financière de 300 euros par adulte et 100 euros par enfant). Cette année, ils représenteront à nouveau une part importante des personnes éloignées du territoire.

Dans son intervention devant les députés, le ministre de l'Intérieur a justifié sa politique de fermeté par la nécessité d'endiguer les progrès de l'extrême droite. «Nous savons ce qu'il peut coûter à une société démocratique quand la crise économique se conjugue avec une crise identitaire ou sociale (...). Cela peut conduire à un rejet, à un mouvement de fond qui emporterait tous les républicains», a-t-il dit.

Le nombre des clandestins, difficile à évaluer précisément, est estimé au maximum à 400.000 personnes. En 2009, 215.000 étrangers bénéficiaient, sous conditions de ressources, de l'aide médicale d'Etat (AME) réservée aux sans-papiers.