François Hollande a indiqué ce mercredi dans un communiqué que «la République» reconnaissait  «avec lucidité» la répression de la manifestation d’Algériens le 17 octobre 1961.

Ce jour-là, «des Algériens qui manifestaient pour le droit à l’indépendance ont été tués lors d’une sanglante répression», écrit le chef de l’Etat. «Cinquante et un ans après cette tragédie, je rends hommage à la mémoire des victimes», poursuit François Hollande, qui recevait ce mercredi des membres du «collectif 17-octobre 1961». Ce dernier «souhaite faire reconnaître et condamner ce crime d’Etat commis sous la responsabilité du sinistre Préfet de Police Maurice Papon».

Le 17 octobre 1961, une manifestation pacifique organisée par la branche française du Front de libération nationale (FLN) et visant à protester contre l'instauration d'un couvre-feu imposé aux seuls Nord-africains avait été violemment réprimée à Paris, causant la mort de nombreuses personnes. Le nombre de tués n'a pas été officiellement établi.

Un reportage de 2001, 40 ans après les faits:

Le porte-parole du PS David Assouline a salué les «mots forts» du président, qui «en brisant le silence qui entretient les blessures, permettent de renforcer toutes celles et ceux qui luttent jour après jour pour un avenir apaisé et de fraternité». L'UMP Christian Jacob a critiqué ces déclarations: «S'il n'est pas question de nier» ces événements, «il est intolérable de mettre en cause la police républicaine et avec elle la République toute entière», a-t-il dit.

«Ne pas touiller éternellement cette histoire»

Plus mesuré, son collègue député Xavier Bertrand a jugé sur BFM-TV que François Hollande devait «s'expliquer davantage» car «il faut qu'il soit totalement clair, ce qu'il n'est pas», sur un sujet mémoriel propre à la controverse. «Pas plus M. Chirac que M. Hollande n'ont autorité pour reconnaître la culpabilité ou l'innnocence de la France», a lancé sur RTL Jean-Marie Le Pen (FN) dans une allusion à la reconnaissance officielle, dans les années 90, de la responsabilité de l'Etat dans la déportation de juifs sous Vichy.

Sur France Info, le journaliste Jean-François Kahn, présent sur les lieux en tant que reporter en 1961, raconte sa version des faits et assure: «C'est bien (ce qu'a dit Hollande), mais je ne suis pas pour qu'on touille éternellement cette histoire».