Blanchiment d'argent: Dix-sept personnes mises en examen dont une élue écolo parisienne

77 contributions
Publié le 15 octobre 2012.

POLITIQUE - Sur les cinq derniers mois, ce réseau, actif depuis plusieurs années, a blanchi 40 millions d'euros...

Dix-sept personnes ont été mises en examen suite au démantèlement d'un important réseau franco-suisse de blanchiment d'argent de la drogue, dont une élue parisienne écologiste du 13e arrondissement.

 

Il s'agit d'un coup de filet majeur, une source policière faisant valoir auprès de l'AFP que sur les seuls cinq derniers mois, ce réseau, actif depuis plusieurs années, a blanchi la bagatelle de 40 millions d'euros.

Parmi ces 17 personnes, Florence Lamblin, adjointe EELV au maire du XIIIe arrondissement, a été mise en examen pour «blanchiment en bande organisée et association de malfaiteurs», a-t-on appris samedi de source judiciaire.

Au total, sept personnes ont été incarcérées, essentiellement soupçonnées d'avoir participé au trafic de stupéfiants ou à la collecte des fonds issus de ce trafic. Les 10 autres ont été placées sous contrôle judiciaire, dont Florence Lamblin qui s'est vu imposer un cautionnement de 80.000 euros.

L'élue a démenti toute implication: «Elle m'a dit par SMS qu'elle n'y était absolument pour rien», a dit à l'AFP l'écologiste parisien, Yves Contassot.

Son avocat, Me Jérôme Boursican, qui parle d'«erreur judiciaire», a précisé à l'AFP qu'elle possédait 350.000 euros sur un compte suisse créé en 1920 et provenant d'un héritage familial. Une «personne de confiance» l'a «mise en relation avec quelqu'un qui a rapatrié cet argent en France» et qui «s'est révélé impliqué» dans l'affaire de blanchiment, a-t-il expliqué. «S'il y avait quelque chose, ce serait tout au plus le fait de ne pas avoir déclaré 350.000 euros à l'ISF», a-t-il avancé.

L'élue a accepté de démissionner de ses fonctions de maire-adjoint, selon le maire du XIIIe, après une demande en ce sens du maire de Paris, Bertrand Delanoë, «consterné» par sa mise en examen.

Un nom «jeté en pâture»

Yves Contassot a dénoncé une «tentative d'instrumentalisation politique»: Florence Lamblin est «la seule» dans ce dossier «dont le nom est jeté en pâture (...) Ce n'est pas totalement le fruit du hasard», a-t-il avancé, évoquant la «quasi-instantanéité» des réactions de l'opposition qui a notamment dénoncé la «permissivité» de la gauche.

En tout, 17 personnes avaient été interpellées en France cette semaine et trois autres à Genève, et plusieurs millions d'euros en espèces et biens de valeur saisis.

Les enquêteurs ont retrouvé 400.000 euros en espèces, en partie au domicile de Florence Lamblin mais surtout dans des coffres, selon plusieurs sources proches du dossier.

Cette élégante quadra, cheveux mi-longs auburn, est architecte et urbaniste de profession. Mère de deux filles d'une vingtaine d'années, c'est une élue «motivée, avec des convictions», dit le député EELV Denis Baupin, «abasourdi».

A Genève, deux frères suisses d'origine marocaine ont été écroués tandis qu'une troisième personne a été remise en liberté. La durée de la détention provisoire, ordonnée en raison de l'importance des charges et des risques de fuite, a été fixée à 3 mois.

Concrètement, l'argent liquide provenant de la vente de la drogue aurait été remis aux clients français d'une société genevoise, «pas forcément au courant des dessous des transactions», selon le quotidien suisse Le Temps. Ces clients, dont «des architectes, des galeristes et autres commerçants», sont des évadés fiscaux.

En recevant l'argent liquide, ces clients évitaient de faire un virement, forcément suspect pour le fisc français, à partir de la société vers leurs comptes en France.

© 2012 AFP
publicité
publicité
publicité
publicité
Les dernières contributions

Chargement des contributions en cours

Réagissez à cet article
Vous souhaitez contribuer ? Inscrivez- vous, ou .
Confirmer l'alerte de commentaire
Annuler
publicité
publicité
Se connecter avec Facebook
S'identifier sur 20minutes.fr