Mise en examen de l'élue écologiste: Les réactions des élus

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Publié le 13 octobre 2012.

AFFAIRE - La mise en examen d'une élue EELV de Paris pour blanchiment d'argent a conduit l'UMP à mettre en cause la «permissivité» d'une partie de la gauche face à la drogue...

La mise en examen d'une élue EELV de Paris pour blanchiment d'argent a conduit l'UMP à mettre en cause la «permissivité» d'une partie de la gauche face à la drogue, une «instrumentalisation» dénoncée par le mouvement écologiste. Très prompt à réagir dans cette affaire, le maire PS de Paris Bertrand Delanoë a pour sa part poussé à la démission de Florence Lamblin, maire adjointe du XIIIe arrondissement.

Le mouvement écologiste s'est gardé, au plan national, de prendre position à propos de la culpabilité ou l'innocence de Florence Lamblin, soulignant «n'avoir rien à voir» avec l'affaire. Des élus Verts de l'arrondissement, Yves Contassot et le député Denis Baupin, se sont montrés plus sceptiques vis à vis de la véracité des faits reprochés à leur collègue. «Elle m'a dit par SMS qu'elle n'y était absolument pour rien», a affirmé le premier; le second a «beaucoup de mal» à croire à sa culpabilité.

Une «pourriture à tous les niveaux»

«On essaye de faire croire que c'est lié à nos positions sur la libéralisation du cannabis, alors que ces deux problèmes n'ont strictement rien à voir», a ajouté Contassot, tandis qu'EELV appelait à «éviter toute instrumentalisation» de l'affaire «à des fins politiciennes», allusion aux déclarations de responsables UMP.

Le patron de l'UMP parisienne, Philippe Goujon, a jugé que «l'approche par les Verts et le PS de la question de la drogue, qui passe pour les Verts par la légalisation et pour certains socialistes par la dépénalisation, créé un climat favorable, permissif, qui fait que certains ne voient pas la différence entre le licite et l'illicite, entre le bien et le mal». Pour sa part, Patrick Trémège, conseiller UMP de Paris et élu du XIIIe arrondissement, a mis en cause «le discours de permissivité vis-à-vis de la drogue» des élus écologistes Yves Contassot et Denis Baupin ou socialistes Jean-Marie Le Guen et Daniel Vaillant.

Pour sa part, le responsable du Front national à Paris, Wallerand de Saint-Just, a estimé que l'affaire révélait une «pourriture à tous les niveaux». «Une des premières causes de l'insécurité angoissante qui nous envahit, c'est la corruption généralisée aux plus hauts niveaux», écrit-il dans un communiqué. «A Paris, à Marseille, dans le Pas-de-Calais, à Lille, il faut nettoyer les écuries.»

L'ancien ministre de l'Intérieur Daniel Vaillant, député-maire du XVIIIème arrondissement, avait appelé le PS à «faire preuve d'un peu de courage» vis à vis de la légalisation du cannabis thérapeutique, dans une récente interview à Libération. Le député PS et adjoint au maire de Paris Jean-Marie Le Guen avait demandé en août au gouvernement d'autoriser la création de salles d'injection de drogues, notamment «face à l'augmentation de la consommation d'héroïne». Ces déclarations ont rencontré peu d'échos au PS et au gouvernement. Celui-ci s'est démarqué en juin de la proposition traditionnelle des Verts en faveur de la dépénalisation du cannabis, qu'avait rappelée la ministre Cécile Duflot, alors secrétaire nationale d'EELV.

Elle se retire «provisoirement de sa délégation d'adjointe»

Sans entrer dans cette polémique, le maire socialiste de Paris, Bertrand Delanoë a qualifié l'affaire de «très très grave», appelant dès samedi matin Florence Lamblin «à en tirer toutes les conséquences sur l'exercice de son mandat issu du suffrage universel». Le maire du XIIIème arrondissement, Jérôme Coumet (PS) qui s'était exprimé dans le même sens, a annoncé peu après que Florence Lamblin avait démissionné de ses fonctions de maire-adjointe d'arrondissement à l'environnement.

«Elle m'a envoyé un mail disant qu'elle se mettait en retrait de sa fonction d'adjoint, ce qui est un acte de démission de fait», a dit Coumet, qui retirera lundi sa délégation à son adjointe. Mais, selon Jérôme Boursican, l'avocat de Florence Lamblin, celle-ci «reste élue dans la mesure où elle est considérée comme présumée innocente et qu'elle n'a aucune implication dans cette affaire» mais se retire «provisoirement de sa délégation d'adjointe».

Le parquet du tribunal de grande instance de Paris avait annoncé mercredi l'interpellation de 17 personnes en France et de trois autres en Suisse lors d'une opération contre un réseau de blanchiment lié à un trafic de cannabis entre le Maroc, l'Espagne et la région parisienne.  En France, plus d'un million d'euros en espèces ont été saisis, ainsi que deux photos d'art d'une valeur d'un million d'euros, six lingots d'or, des pistolets automatiques, des gilets pare-balles et des machines à compter les billets.

En Suisse, un million de francs suisses en espèces, 160 montres de collection d'une valeur de 2 à 3 millions de francs suisses et «une quantité importante de bijoux de luxe» ont été saisis. Une enquête sur ce réseau a fait apparaître qu'il avait importé plus de huit tonnes de cannabis, d'une valeur de 40 millions d'euros à la revente, et que le produit des ventes était injecté dans un circuit complexe de blanchiment. Le parquet a évoqué des flux financiers «considérables», de près de 12 millions d'euros pour les seuls mois de mai à octobre 2012.

Avec AFP
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