L'eurodeputé d'Europe Ecologie-Les Verts,  Daniel Cohn Bendit, participe à une conference de presse avant une  reunion publique dans le centre ville de Nantes, le 12 mai 2011.
L'eurodeputé d'Europe Ecologie-Les Verts, Daniel Cohn Bendit, participe à une conference de presse avant une reunion publique dans le centre ville de Nantes, le 12 mai 2011. - J. S. EVRARD/SIPA

Daniel Cohn-Bendit «libre». Depuis samedi, date de la décision d’Europe-Ecologie Les Verts (EELV) de se prononcer contre la ratification du traité budgétaire européen qu’appelle de ses vœux le gouvernement socialiste, l’eurodéputé ne décolère pas. Dimanche, il annonce sa rupture avec EELV, estimant qu’«entre le parti et [lui] c’est une histoire terminée», tandis que les deux ministres écologistes resteront au gouvernement malgré l'opposition de leur parti au traité. 20 Minutes a questionné Daniel Cohn-Bendit, qui répondait en faisant du vélo…

Jean-Vincent Placé, président du groupe écologiste au Sénat, dit de vous ce lundi que «personne n'est irremplaçable» et que vous avez «du mal avec l'aspect collectif des partis politiques.» Que lui répondez-vous?

Personne n’est irremplaçable, c’est une vérité philosophique, ça. Pour son propos, je lui dirais qu’EELV a du mal avec moi, sauf quand il est question de former des listes électorales, comme en 2009. Remplaçable mais bien utile, non? Et puis si personne n’est irremplaçable, Jean-Vincent Placé est bien remplaçable dans mon cœur.

Comment réagissez-vous quand deux ministres écologistes (Cécile Duflot et Pascal Canfin) restent au gouvernement malgré l'opposition de leur parti au traité budgétaire européen?

Comment est-ce compréhensible? Mais comment, dites-le moi! Il faut savoir être cohérent. Mélenchon a tort, mais au moins il est cohérent avec lui-même en  refusant d’entrer au gouvernement. Chez EELV, on a eu tort de se prononcer contre le traité, et en plus on n’est même pas cohérent en restant au gouvernement.

Comment vont se passer les prochains jours, voire les prochains mois pour ces écologistes?

J’ai reçu pleins de mails de personnes qui me disent que j’ai raison, qu’elles en ont marre de ce spectacle. C’est cela, on est dans la politique spectacle et dans les prochains mois,  je vais bien m’amuser. Tout cela n’est pas sérieux.

Si vous aviez Cécile Duflot en face de vous, que lui diriez-vous maintenant?

Pourquoi tu te caches? Pourquoi tu ne dis rien et tu préfères envoyer des tweets? Quand on veut être ministre, et quand bien même c’est la tempête, qu’on est isolé, il faut aller à la tribune et dire ce qu’on a à dire. Parle!

Et le parti EELV, qu’en pensez-vous?

Il faudrait plutôt regarder ce que va devenir le parti. La moitié des adhérents est partie depuis 2009, et j’aimerais bien voir un sondage sur l’intérêt des Français à propos de ce parti. Qu’est devenu EELV? Quel est son futur quand toutes les questions de son existence et de ses orientations n’ont pas été discutées parce qu’on avait des accords avec le PS qui nous sauvaient?

En annonçant votre prise de distance avec EELV, craignez-vous l’isolement?

Je prends un risque mais je dis les choses. Je ne crois pas en un isolement. Je suis un défenseur de l’Europe, et je ne suis pas le seul. Pour mes activités, je suis co-président du groupe des eurodéputés Verts/ALE jusqu’en 2014, j’ai un livre sur l’Europe qui va bientôt sortir. Et puis, des moments plus terribles, j’en ai connu. En 1993, les Verts allemands étaient tous contre une intervention en Bosnie pour  sauver Sarajevo, sauf moi. Et je l’ai dit haut et fort. L’Histoire m’a donné raison. On verra donc bien la suite.

Mots-clés :