Propos de Marine Le Pen: «Tout ce qui divise est maladroit» selon Hollande, un «fanatisme de la laïcité» pour le président du Crif

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Publié le 21 septembre 2012.

RÉACTIONS - La leader du FN veut interdire le port du voile et de la kippa dans la rue...

Dans un contexte légèrement tendu après la publication par Charlie Hebdo de caricatures de Mahomet, les déclarations de Marine Le Pen, qui souhaite l’interdiction du voile comme de la kippa dans la rue, n’a pas manqué de faire réagir ce vendredi les politiques comme les organisations religieuses.

Le chef de l’Etat, d’abord, qui se trouvait à Drancy pour l’inauguration d’un mémorial de la Shoah. «Tout ce qui déchire, oppose, divise, est maladroit. Et donc nous devons appliquer les règles, les seules règles que nous connaissons, c’est les règles de la République et de la laïcité», a dit à la presse le Président, qui cherche visiblement l’apaisement. 

Le grand Rabbin dénonce «l'amalgame»

Le chef de l’Etat n’a pas dû entendre les propos de son ministre de l’Education, Vincent Peillon, qui à quelques pas de là, également en marge de l'inauguration, s’est fendu d’une déclaration beaucoup moins consensuelle:  «Tous ces amalgames, ces imprécisions, font le lit de l'obscurantisme et de la haine. Réagissons. Marine Le Pen jettera de l'huile sur le feu sur tous les intégrismes. Elle est la première des intégristes», a-t-il dit.

Présent également à Drancy, le grand rabbin de France, Gilles Bernheim, a dénoncé l'amalgame fait par la présidente du Front national entre voile et kippa. «Les juifs n'ont jamais demandé ou cherché à imposer le port de la kippa dans les lieux publics, donc je ne vois pas à quoi cette injonction répond», a-t-il dit. «Par ailleurs, l'amalgame entre cela et le port du voile me semble générer une confusion dans l'esprit des gens et je déplore profondément cet appel», a-t-il ajouté.  

Pour Jean-François Copé, les propos de Marine Le Pen sont «absurdes». «On voit ici les limites majeures de la doctrine du Front national. La république laïque n'interdit ni les religions, ni les signes religieux», a dit le secrétaire général de l’UMP à quelques journalistes. Dans un communiqué, il note également: «[Marine Le Pen] n’a rien compris à la laïcité. La laïcité n’est pas l’éradication de toutes expressions religieuses dans la société.(...) Le combat de l’UMP contre le communautarisme et les extrémismes est sans faille. Nous en avons fait la démonstration en interdisant la burqa dans l’espace public».

Valls relève le timing des déclarations

Manuel Valls, quant à lui, a relevé que Marine Le Pen avait choisi de faire cette déclaration le jour où le chef de l'Etat visitait le lieu d'où furent déportés plus de 60.000 juifs vers les camps de la mort. «Il y a des propositions qui résonnent mal quand le président de la République inaugure le mémorial de Drancy», a estimé le ministre de l'Intérieur en marge d'un déplacement à Marseille.

Mohammed Moussaoui, le président du Conseil français du culte musulman (CRFCM),  a choisi de replacer la sortie de Marine Le Pen dans un contexte historique. «Le CFCM rappelle que lors des débats sur la loi de séparation des Églises et de l'État, en juin 1905, des députés avaient proposé d'interdire le port de la soutane dans l'espace public», écrit-il dans un communiqué. «A cela, Aristide Briand avait opposé qu'il serait contradictoire d'interdire le port de la soutane quand on instaure un régime de liberté et qu'avec la laïcité, la soutane devient un vêtement comme les autres. Ceux qui appellent aujourd'hui à interdire le voile et la kippa dans l'espace public aspirent à instaurer un régime totalitaire en France», conclut Mohammed Moussaoui.

Collard réservé...mais soutient Marine Le Pen

Richard Prasquier, le président du Crif, a estimé que la proposition de Marine Le Pen fait partie des «fanatismes de la laïcité, comme il existe des fanatismes religieux». «Evidemment, je suis hostile aux uns comme aux autres», a-t-il ajouté. «Cela fait partie de ces déclarations qui, sous prétexte de lutter contre les débordements, augmentent encore les conflits à l’intérieur du pays», a ajouté Richard Prasquier.

Gilbert Collard, mariniste revendiqué, n’est pas tout a fait sur la même ligne que sa patronne. Il a dit à l’AFP n’avoir «pas de problème avec la kippa». «Elle n’a pas la même visibilité ostentatoire que le voile», a-t-il expliqué. «Cependant, je comprends la position de Marine Le Pen, qui est une position égalitaire», a-t-il ajouté.

Christine Boutin, présidente du Parti Chrétien-démocrate n’a pas apprécié cette déclaration qu’elle juge «scandaleuse et dangereuse» dans un communiqué.  «Si il faut effacer de l’espace public tout ce qui a trait à la religion et à la spiritualité, alors rasons les cathédrales, les églises, les calvaires! Va-t-on aller jusqu’à refuser que les personnes portent une croix dans la rue?», demande-t-elle.

M.P. avec agences
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