François Hollande à Londres le 6 septembre.
 François Hollande à Londres le 6 septembre. - HUSSEIN SAMIR/SIPA

Matthieu Goar

L'exercice du pouvoir peut être ingrat. Alors qu’il a été porté à l’Elysée par 51,64% des Français en mai, François Hollande est déjà très durement jugé par les sondés. Selon une enquête Harris interactive pour LCP, seulement 26% des personnes interrogées pensent qu’il agit mieux que Nicolas Sarkozy. 44% estiment par contre que l’ancien président de la République aurait été meilleur en cette rentrée.
 


Un septembre noir pour l'exécutif
 
En baisse dans les sondages, attaqué par la presse, l’exécutif vit un mois de septembre particulièrement noir. Alors que le chef de l’Etat a appelé à la mobilisation de tous face à la crise lors de son intervention télévisée, il doit faire face à une opinion divisée politiquement. Pas moins de 85% des sympathisants de droite pensent que Sarkozy aurait mieux agi (63% des sympathisants de gauche expriment les mêmes certitudes à l’égard de Hollande). Ce contexte de défiance et d’urgence économique laisse peu de marge de manoeuvre à un président qui demande aux Français deux ans pour «redresser» le pays. «Hollande demande aux Français de la patience. C’est un pari qui peut être couronné de succès à moyen terme, à condition de ne pas atteindre le point de rupture avec l’opinion», analyse Jean-Daniel Lévy, de Harris interactive.
 


Un socle électoral qui ne se fissure pas

A la lecture des différents sondages publiés depuis le mois de septembre, le pouvoir socialiste ne nie pas les difficultés. «Nous sommes dans le dur. Mais Hollande a été marqué par l’impopularité de Sarkozy en fin de quinquennant. Il préfère connaître les difficultés maintenant avant de remonter», lâche le conseiller d’un ministre. Surtout que le socle des électeurs de gauche ne se fissure pas. Ainsi, 90% des électeurs de Hollande ne regrettent pas leur choix du 6 mai. «Le comportement électoral des Français n’est pas seulement basé sur la gestion de la crise mais aussi sur les valeurs d’un homme, une attitude», résume Jean-Daniel Lévy. Une attitude qui ne pourra pas se passer, pendant cinq ans, de résultats.
 

*Enquête réalisée sur internet selon la méthode des quotas

Les idées de Marine Le Pen infusent

Quatre mois après la présidentielle, le FN semble toujours aussi haut dans les enquêtes d’opinion. Ainsi, 39% des sondés estiment que certaines des idées de Le Pen devraient être «davantage» prises en compte par l’exécutif, selon l’enquête Harris interactive. Un taux qui grimpe à 52% chez les sympathisants de l’UMP. «C’est d’autant plus haut que Marine Le Pen ne s’est presque pas exprimée depuis les élections de mai et juin», relève Jean-Daniel Lévy de Harris. Le 22 avril, la présidente du FN était l’une des grandes gagnantes du premier tour. Lors de ce scrutin, elle avait recueilli 17,90% des suffrages, c’est-à-dire plus de 6.400.000 voix. Sans pour autant renier les idées de son père (la préférence nationale, par exemple), la fille de Jean-Marie Le Pen avait surtout insisté sur des thèmes économiques et sociaux. Elle avait notamment joué sur la défiance à l’égard de l’Union européenne en militant pour la sortie de l’euro. Objectifs avoués: «normaliser» le FN en gommant les outrances de son pères et attirer les déçus du système en surfant sur la crise.