Emplois d'avenir: l'opposition crie à l'inégalité, la majorité riposte

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Publié le 12 septembre 2012.

Les députés se sont opposés mercredi, lors du débat sur les emplois d'avenir, sur "la discrimination positive" en faveur des jeunes des zones défavorisées que constitue cette mesure, pour laquelle certains députés de droite sont tentés de voter.

L'égalité des jeunes et des territoires face à ces nouveaux contrats a cristallisé les premières joutes entre majorité et opposition sur ce projet de loi incarnant une promesse de campagne du candidat François Hollande.

"Ce sera ouvert à tous mais avec une priorité pour les endroits où il y a le plus" de chômage des jeunes, a expliqué le ministre de l'Emploi Michel Sapin.

Alors que les emplois d'avenir visent les 500.000 jeunes sortis sans diplôme du système scolaire, pourquoi le nombre de contrats prévus est-il de 150.000 ?, ont demandé plusieurs élus de l'opposition. "Il y a une contradiction entre dire que cela va s'adresser à tous les jeunes et dire qu'il y a des zones prioritaires", a dit Isabelle Le Callennec (UMP).

Il est "très mauvais de faire de la discrimination parce que des problèmes, il y en a sur l'ensemble du territoire", a estimé Laurent Marcangeli (UMP). "Vous allez créer des frustrés", a considéré Jacques Myard (UMP).

La communiste Marie-George Buffet (Seine-Saint-Denis) a défendu la priorité donnée à certains territoires, car "un certain nombre de jeunes ont été éloignés depuis leur naissance de l'effectivité d'un certain nombre de droits et sont concentrés dans un certain nombre de territoires".

L'Assemblée a adopté un amendement présenté par Mme Buffet, obligeant un employeur voulant recourir à un emploi d'avenir à indiquer dans quelle mesure il a des chances de devenir pérenne au delà des trois ans de durée du contrat.

Objet d'un débat plus court mais plus vif, un amendement, rejeté, du Front National visant à réserver les emplois d'avenir en priorité aux jeunes de nationalité française a déclenché un tollé à gauche.

"Je n'ai pas à m'expliquer devant une assemblée qui, quand on se met à parler de la France, se met à hurler", s'est exclamé Gilbert Collard, qui, sans être encarté FN, est l'un des deux élus de ce parti. "C'est M. Collard qui hurle parce qu'on s'oppose à sa conception de la société française", a rétorqué Serge Letchimy (app. PS).

Divisions à droite

Plusieurs amendements de l'opposition, défendant une ouverture accrue des emplois d'avenir au secteur marchand, ont été rejetés.

"Il faut changer de paradigme et ne pas considérer que le secteur marchand, c'est le diable", a plaidé Patrick Hetzel (UMP). Mais, a précisé Michel Sapin, "nous ne fermons pas complètement la porte au privé".

De même, la majorité a refusé de permettre aux particuliers employeurs de recourir aux emplois d'avenir, en soulignant que ceux-ci n'étaient pas en mesure d'assurer une formation aux jeunes concernés.

A droite, le projet de loi divise plus que jamais, sur fond de bataille interne pour la présidence de l'UMP.

Si Bruno Le Maire a considéré que "le traitement social du chômage ne marche pas", son collègue député mais rival pour la tête du parti, Henri Guaino, n'a pas exclu de voter ces emplois qui peuvent "aider 150.000 jeunes à s'en sortir", malgré un texte "mal fait". Une position proche du sénateur et ex-Premier ministre Jean-Pierre Raffarin.

Chez les centristes, un soutien mesuré à cette "vieille recette" visant à "répondre à une urgence" reste à l'ordre du jour.

Mais ils réclament, comme les écologistes et le Front de Gauche, une amélioration de la formation.

"Il faut inscrire dans le marbre l'obligation d'une formation, sinon l'emploi d'avenir ne serait qu'une voie de garage", a lancé mardi soir Yves Jégo (PR). Le Front de Gauche plaide, lui, pour un minimum de 400 heures de formation par an notamment.

© 2012 AFP
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