Rentrée anticipée des députés avec les emplois d'avenir au menu

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Publié le 11 septembre 2012.

Les emplois d'avenir, traduction du changement pour la gauche, recyclage des emplois jeunes pour la majorité de la droite, ont lancé mardi la session extraordinaire à l'Assemblée nationale à l'heure où le gouvernement veut inverser la courbe du chômage d'ici un an.

Ce projet de loi, avec de premiers contrats possibles dès novembre, "répond aux urgences immédiates" vu la flambée du chômage, dont le taux dépasse même 45% pour les jeunes sans diplôme, a déclaré le ministre du Travail Michel Sapin aux députés, les appelant à soutenir ce texte "par-delà les clivages partisans".

Un appel peu entendu, en tout cas à l'ouverture du débat -qui doit se poursuivre jusqu'à jeudi-, l'UMP proposant une motion de rejet préalable du texte et les centristes une de renvoi en commission, qui ont été repoussées sans surprise par la majorité de gauche.

Avec les emplois d'avenir, le gouvernement veut se concentrer sur les 16-25 ans peu ou pas qualifiés par le biais de 150.000 contrats chaque année, dont 100.000 dès 2013, largement subventionnés par l'Etat pendant trois ans maximum.

A la différence des "emplois-jeunes" de l'ère Jospin, ces nouveaux contrats seront ciblés, à compter de début novembre, à l'attention des jeunes peu ou pas qualifiés issus notamment "des zones urbaines sensibles" ou de zones rurales où le chômage des jeunes est supérieur à la moyenne.

Ils concerneront aussi des jeunes en difficulté d'insertion, ayant poursuivi leurs études jusqu'au CAP ou BEP ou jusqu'au baccalauréat dans certaines zones difficiles, ainsi que des travailleurs handicapés en difficulté et peu qualifiés de moins de 30 ans.

Une dérogation est prévue pour l'Education nationale qui pourra embaucher 18.000 étudiants boursiers au maximum en première année de master se destinant à l'enseignement.

En réponse à Jean-Frédéric Poisson (UMP), qui lui reprochait des chiffres contradictoires sur le financement de la mesure, M. Sapin a précisé son coût: "2,3 milliards d'euros d'autorisations d'engagement pour les trois années qui viennent, 500 millions pour l'an prochain, 1,5 milliard par an lorsque les 150.000 emplois seront en puissance", grâce au "redéploiement des exonérations sur les heures supplémentaires".

"Ce sera moins efficace que consacrer la moitié de cette somme à l'apprentissage et à la formation en alternance", a estimé M. Poisson.

Les députés UMP, qui se sont abstenus en commission, voteront "à la quasi-unanimité" contre ce "recyclage des emplois jeunes" sans "rien sur la formation et la compétitivité", a déclaré mardi leur chef de file, Christian Jacob.

La droite, comme le centre, reproche principalement au dispositif de surtout subventionner les emplois dans les collectivités locales et les associations, et non dans le privé. Ils s'insurgent aussi contre "la précipitation" du gouvernement sur le sujet. "Nous n'avons eu qu'une journée pour discuter et amender le texte en commission", s'est indigné le centriste Arnaud Richard.

Mais le niveau record de chômage incite certains membres de l'opposition à un soutien mesuré.

"Il ne faut pas laisser à la gauche le monopole de la jeunesse", a ainsi lancé Lionnel Luca. Malgré les nombreux "défauts" du texte, dont la "discrimination positive", "150.000 jeunes vont acquérir une expérience professionnelle et c'est quand même mieux que Pôle emploi", selon ce pilier de la Droite populaire, qui votera pour.

Certains élus UMP, déterminés à voter contre ces contrats, comptent néanmoins en utiliser localement.

S'ils étaient acceptés, l'ajout de dix heures de formation hebdomadaire et l'inclusion des très petites entreprises, pourraient convaincre les centristes de voter pour.

Les deux députés FN se prononceront contre.

Pour sa part, le Front de gauche qualifie ces contrats de "première réponse", mais estime qu'ils ne permettront pas d'assurer "un accès durable à l'emploi". Le groupe réserve son vote (pour ou abstention) et espère des améliorations du texte en séance.

Les écologistes souhaitent, eux, renforcer notamment la formation des bénéficiaires.

© 2012 AFP
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