Le projet de loi sur les emplois d'avenir, à l'Assemblée nationale, et celui sur les logements sociaux, au Sénat, lancent mardi la session extraordinaire du Parlement destinée à afficher la volonté du gouvernement d'accélérer le tempo.
Le projet de loi sur les emplois d'avenir, à l'Assemblée nationale, et celui sur les logements sociaux, au Sénat, lancent mardi la session extraordinaire du Parlement destinée à afficher la volonté du gouvernement d'accélérer le tempo. - Patrick Kovarik afp.com

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Le projet de loi sur les emplois d'avenir, à l'Assemblée nationale, et celui sur les logements sociaux, au Sénat, lancent mardi la session extraordinaire du Parlement destinée à afficher la volonté du gouvernement d'accélérer le tempo. Avec les emplois d'avenir, mesure «ambitieuse et rapide» selon le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, le gouvernement entend s'attaquer d'urgence au «coeur du chômage des jeunes» par le biais de 150.000 contrats chaque année pour les 16-25 ans peu ou pas qualifiés, dont 100.000 dès 2013, largement subventionnés par l'Etat pendant trois ans maximum.

La session extraordinaire du Parlement, précédant la reprise habituelle des travaux de l'Assemblée et du Sénat début octobre, devait initialement commencer le 24 septembre, mais François Hollande a décidé fin août, au lendemain de l'annonce de la plus forte hausse du chômage en trois ans, de l'avancer. A la différence des «emplois-jeunes» de l'ère Jospin, ces nouveaux contrats seront ciblés, à compter de début novembre, sur des jeunes peu ou pas qualifiés issus notamment «des zones urbaines sensibles» ou de zones rurales où le chômage des jeunes est supérieur à la moyenne.

Des emplois d'avenir à 1,5 milliard par an «en rythme de croisière»

Ils concerneront aussi des jeunes en difficulté d'insertion, ayant poursuivi leurs études jusqu'au CAP ou BEP ou jusqu'au baccalauréat dans certaines zones difficiles, ainsi que des travailleurs handicapés en difficulté et peu qualifiés de moins de 30 ans. Une dérogation est prévue pour l'Education nationale qui pourra embaucher 18.000 étudiants boursiers au maximum en première année de master se destinant à l'enseignement. Dans un budget 2013 des plus rigoureux, 2,3 milliards d'euros seront inscrits pour la mesure, dont le coût est estimé à 1,5 milliard par an «en rythme de croisière».

Autre texte jugé prioritaire par le gouvernement, que la ministre du Logement Cécile Duflot défendra d'abord au Sénat, celui visant à permettre à l'Etat de céder des terrains aux collectivités locales et d'augmenter de 20% à 25% la proportion minimale de logements sociaux dans les villes.

Pas de garantie d'«un accès durable à l'emploi»

A son propos, tous les violons de l'UMP ne sont pas encore accordés mais Valérie Rosso-Debord, déléguée générale adjointe du parti, a jugé «absurde» le quintuplement des pénalités pour les municipalités ne respectant pas le quota de 25% de logements sociaux, quota approuvé en revanche par l'ancien ministre du Logement Benoist Apparu, très critique par ailleurs sur la cession de terrains par l'Etat.

Sur les emplois d'avenir, tiraillés entre opposition frontale et critiques plus mesurées, la grande majorité des députés UMP voteront contre le projet de loi, malgré leur abstention lors de l'examen du texte en commission. Pour le président du Parti radical et du groupe centriste, Jean-Louis Borloo, les emplois d'avenir ne sont «pas une réponse satisfaisante» même si elle peut «être conjoncturellement nécessaire». Les deux députés FN voteront contre. Au Front de Gauche, les emplois d'avenir sont perçus comme «une première réponse», mais sans garantie d'«un accès durable à l'emploi».