Justice: Full Tilt, l'affaire Madoff du poker

POKER Selon la justice américaine, le site de poker en ligne serait en réalité une chaine de Ponzi géante ayant utilisé l'argent des joueurs pour rémunérer ses dirigeants, dont les joueurs Chris Ferguson et Howard Lederer...

Renaud Ceccotti-Ricci

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Full Tilt et ses dirigeants, dont les joueurs de poker professionnels Howard Lederer (1er en partant de la gauche) et Chris Ferguson (3e en partant de la droite), auraient pu jouer dans Reservoir Dogs

Full Tilt et ses dirigeants, dont les joueurs de poker professionnels Howard Lederer (1er en partant de la gauche) et Chris Ferguson (3e en partant de la droite), auraient pu jouer dans Reservoir Dogs — Full Tilt Poker

Voilà une nouvelle qui devrait faire parler les joueurs de poker du monde entier réunis en ce moment à Malte pour le World Poker Tour.

Déjà poursuivi par le Department of Justice américain pour fraude bancaire, blanchiment d’argent et organisation illégale de jeux d’argent, le site de poker en ligne Full Tilt Poker vient d’être accusé par le Procureur fédéral de New York d’être en réalité un véritable système financier pyramidal frauduleux, à la manière d’un Bernie Madoff en son temps.

Selon le Procureur, les dirigeants de Full Tilt, Raymond Bitar, Howard Lederer, Christopher Ferguson et Rafael Furst, auraient instauré « une chaine de Ponzi géante à l’encontre de ses propres joueurs ». Le système prévoyait une rémunération illégale des dits dirigeants sur l’argent investi par les joueurs du site.

Selon l’enquête du FBI, au moment de l’éclatement de la fraude en mars 2011, Full Tilt Poker devait quelques 390 millions de dollars à ses joueurs. Pourtant seuls 60 millions étaient à cette époque disponibles sur les comptes du groupe, contrairement à ce qu’il assurait à ses clients/joueurs.

Le reste de la manne financière aurait, toujours selon le Procureur, été partagé entre les responsables du site. Depuis 2007, le co-fondateur Ray Bitar aurait notamment reçu plus de 40 millions de dollars. Des sommes dont auraient également profité les joueurs professionnels ayant participé à la mise en place du site comme Howard Lederer (42 millions) et  Chris Ferguson (25 millions)…

Si l’on attendait pour aujourd’hui une décision par la Commission de contrôle des jeux quant à un éventuel rachat du site, cette possibilité semble avoir pris du plomb dans l’aile.

Quant à Lederer et Ferguson, si les accusations s’avéraient fondées, il y a fort à parier qu’on ne les reverra pas de si tôt à une table de poker, au risque de repartir avec du goudron et des plumes…

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