Poker, le nouveau business des agents

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Publié le 23 septembre 2010.

METIER - Jeu de plus en plus populaire, le poker se développe et envahit peu à peu les écrans. Magazines, émissions spécialisées... les meilleurs joueurs constituent désormais un support propice à la communication.

C'est à ce moment que les agents entrent dans la danse. 20minutes.fr en a contacté trois qui livrent leur vision du métier appliqué au poker.

«Agent de joueur de poker est une profession difficile à définir en un mot», démarre Alexandre Barthélémy, responsable communication d'Original Consulting. C'est en tout cas une profession nécessaire puisque ce dernier avoue «refuser des joueurs qui nous contactent». «Pour avoir côtoyé le milieu du foot, je dirais qu'il y a moins de requins dans le poker. Nous voulons pouvoir nous occuper de l'image des joueurs de A à Z et nous insistons avant tout sur le côté humain. Nous travaillons donc avec des gens qui ne sont pas forcément les meilleurs joueurs du moment mais avec qui nous vivons une aventure où l'on marche main dans la main», insiste Alexandre qui n'a pas la prétention «d'être parfait» mais «de faire en sorte que tout soit plus facile pour le joueur».

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Privilégier la qualité à la quantité et ne pas traiter les joueurs comme du bétail amène souvent les agents à se transformer «en nounou». «Nous procurons une assistance pour toute la vie quotidienne pendant les tournois mais aussi en dehors. Nous avons ainsi aidé Thomas Bichon [vainqueur du WPT Chypre, une grosse épreuve] à déménager. Nous pouvons aussi fournir une aide juridique mais c'est surtout une aventure humaine. Comme on regarde cela de l'extérieur, on peut avoir un rôle de confident. Il faut être disponible car c'est un échange permanent», termine Alexandre Barthélémy.

Polyvalence et disponibilité

«Avec l'ouverture du marché des jeux, il y a du travail à faire. Il faut notamment régulariser le statut du joueur qui sont maintenant payés pour ce qu'ils font. Mais, s'il y a une multiplication des opportunités, il y aura peu d'élus pour beaucoup de candidats», explique Antoine Maurice qui représente Gabriel Nassif et Mylène Cogan pour Free Clover Agency. Les joueurs «sont concentrés sur le jeu en lui-même et n'ont pas conscience du travail qu’il faut pour représenter une room et ce que cela implique. Nous avons un rôle de conseil en plus de nous occuper de tout ce qui entoure leur vie de joueur. C'est un métier de réseau que les joueurs n'ont pas forcément», poursuit-il en insistant sur le caractère «multitaches» de son métier. Mais le maître mot c'est la disponibilité. «L'été dernier j'ai reçu un mail de Gabriel Nassif à 5 heures du matin car il avait une proposition de FullTilt Poker pour jouer sous leurs couleurs aux Championnats du monde à Las Vegas. Cela a été une journée de 24 heures afin de contacter tous les opérateurs et étudier cette proposition... Pour être agent, il faut être présent aussi longtemps que nécessaire et ne pas rechigner à l'effort», termine Antoine Maurice qui prédit que l'on «va atteindre rapidement la limite du marché [pour le sponsoring des joueurs]. Les gros opérateurs font de gros investissements publicitaires et marketing mais pas forcément autour des joueurs. Il faut attendre une stabilisation du marché des opérateurs pour qu'ils gagnent en rentabilité et cherchent à conquérir des parts de marché», conclut-il.

Convaincre les marques

Depuis plus de deux ans, Greg Ceran Maillard est General Manager de Marketing Sports United (MSU), une agence qui représente Pascal Perrault, Jean-Philippe Rohr, Thomas Fougeron ou encore Pascal Perrault. Son objectif est de faire venir les marques dans le monde du poker. «C'est l'avenir. Pour l'instant nous ne discutons qu'avec les opérateurs mais aux Etats-Unis, il y a déjà des partenariats entre les joueurs et des marques de boisson, des banques ou des compagnies aériennes. L'image du poker est encore bloquante pour les grands groupes car le secteur apparaît comme obscur mais d'ici six mois à une année, j'ai bon espoir que la situation évolue et que cela se démocratise encore plus», indique-t-il, confiant en l'avenir.

MSU a géré la signature de Pascal Perrault chez un opérateur de renommée mondiale après une négociation de plusieurs mois. «Il a fallu s'accrocher car l'ouverture du marché rendait cela un peu flou. Ensuite il y a un processus de validation assez long dans les grosses entreprises. J'ai donc eu un rôle de commercial pur où il ne faut rien lâcher et continuer de trouver le meilleur compromis entre les attentes du joueur et ce que veut la room», explique son gérant. «Chacun son métier, se vendre n'est pas forcément la spécialité des joueurs. Pour commercialiser leur image, je me base sur mes compétences, mon expérience, mon savoir faire et la connaissance du milieu. Après, on a aussi un rôle d'écoute. Il faut être compréhensif en cas de sortie prématurée dans un tournoi». Surtout que les gens viennent de tous les horizons dans le poker.

«Il y a une grosse diversité d'origine et donc des personnalités très différentes. J'ai des joueurs qui ont été sportifs de haut niveau, pharmacien, businessman ou sont étudiants. Je suis surpris par la richesse des relations humaines dans ce milieu, certains sont devenus des amis», indique Greg Ceran Maillard. «C'est par exemple très différent du football. Au poker, on a très peu de gens qui dès l'âge de 14 ans, pensent contrat et argent.» Du moins pas encore...       

Matthieu Sustrac
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