De notre envoyé spécial à Las Vegas
Las Vegas, une chaleur torride, un soleil de plomb et des brumisateurs géants au-dessus de nos têtes. Nous voilà à l’entrée du Casino du Rio Hotel, où se déroule, pour la dernière année, le Main event des WSOP (World Series of poker). Une fois à l’intérieur? Des milliers de mètres carrés remplis de tables de jeu à perte de vue. Une sorte de Salon de l’Automobile transformé en site dédié au poker.
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C’est ici que pendant douze jours de compétition - depuis lundi et jusqu’au 17 juillet - des milliers de joueurs et de badauds vont défiler pour participer et assister à cette 41e édition des championnats du monde.
«Je me suis fait rincer»
Mais pour certains, le rêve de faire partie des «November Nine», les neuf qualifiés pour la table finale de novembre, s’est envolé prématurément. Et la sensation du jour, mardi, c’est l’élimination du numéro un français, Bertrand Grospellier – alias «ElkY». Eliminé dès son entrée en lice, lors du Jour 1B (compte tenu du nombre de joueurs engagés, les entrées dans le tournoi sont réparties sur quatre jours, de lundi à jeudi, de A à D, ndr). Une vraie contre-performance pour l’un des meilleurs joueurs du monde, 122e l’an passé.
Mais des victimes, on en croise bien d’autres dans les allées, transformées en cimetière des illusions déçues. «Je me suis fait rincer» lâche Julien, un joueur pro français d’une team internationale, qui discute avec des compatriotes, pas encore entrés dans la compétition mais qui réalisent que ça pourrait aller très vite pour eux aussi.
Car face à un champ de joueurs aussi large (entre 1.000 et 2.000 joueurs par jour lundi, mardi et mercredi avant un pic jeudi pour l’entrée des stars), la technique ne fait pas tout. Certains amateurs sortis de nulle part peuvent faire tomber les pros les plus aguerris et leur faire manger leur chapeau.
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«Je me suis fait sortir dès le premier niveau… Il n’y a pas un bluff qui est passé», explique-t-il, l’air un brin désabusé. La suite pour lui, après une sortie prématurée au Main Event? «Ca fait un mois que je suis là (lire l’encadré), ras-le-bol de perdre. Je prends un avion demain et je rentre». Ambiance.
Heureusement, il y a aussi du folklore à l’américaine pour détendre un peu l’atmosphère. On croise Batman au détour d’un couloir (un pari perdu peut-être…), près des nombreuses tables de massages qui proposent toutes sortes de formules de relaxation. Nul doute que certains vont en avoir bien besoin.
Comme tous les ans, les WSOP se terminent par le Main Event (épreuve principale). C’est la dernière levée d’une série de 56 tournois répartis sur 40 jours de compétition à Las Vegas. Il s’agit d’un enchainement de tournois unique, contrairement aux WPT (World Poker Tour) ou aux EPT (European Poker Tour) qui se déroulent toute l’année.