• Jeudi soir, Donald Trump a confirmé le retrait des Etats-Unis de l’accord de Paris, prévu pour lutter contre le réchauffement climatique
  • Après ce retrait, 194 pays font désormais partie de cet accord, excepté les Etats-Unis, le Nicaragua et la Syrie
  • Au lendemain de la déclaration de Trump, des villes américaines ont assuré qu’elles appliqueraient quand même l’accord

Austin, Pittsburgh, Saint Louis, New York… Juste après l’annonce du retrait des Etats-Unis de l’accord de Paris par Trump, plusieurs villes et états du pays sont montés au créneau. Ils ont annoncé qu’ils continueraient malgré tout le combat contre le réchauffement climatique.

C’est le maire de Pittsburgh qui a commencé. Bill Peduto, maire de la ville citée par Donald Trump dans son discours, a réagi quelques secondes après avoir entendu le nom de sa municipalité associée au retrait de l’accord de Paris. « En tant que maire de Pittsburgh, je peux vous assurer que nous suivrons les directives de l’accord de Paris, pour notre peuple, notre économie et notre futur. »

En même temps, des dizaines d’autres maires de villes américaines se sont exprimés pour assurer la même chose : si l’état ne le fait pas, eux, à Austin, Saint Louis ou Washington, continueront le combat contre le réchauffement climatique.

Des acteurs n° 1 pour le climat

Et les villes sont peut-être l’avenir de la lutte contre le réchauffement climatique aux Etats-Unis. Le pays forme un État fédéral, constitué de 51 états fédérés. « Les villes et les états sont puissants car l’Etat est décentralisé », explique Jean-Eric Branaa, maître de conférences à Paris 4. « Les états peuvent agir sur leur propre industrie. Ce n’est pas Trump qui donne l’autorisation à des usines de s’installer par exemple », ajoute-t-il. Leur champ d’action est large : « Ils ont un pouvoir énorme sur les transports, l’habitat, le télétravail ou le développement des énergies propres. Ces problématiques-là se définissent à une échelle plus régionale que centralisée. Les villes ont un rôle très important », précise Hervé Le Treut, climatologue et professeur à l’université Pierre et Marie Curie à Paris.

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Aux Etats-Unis, de nombreuses villes agissent déjà pour le climat. Si le Texas et la Californie font partie des états les plus polluants du pays, certaines agglomérations font figure d’exemple. Austin fait partie de ces villes qui voient la vie en vert. Panneaux solaires, recyclage, tri des déchets, alimentation en circuit court… La capitale du Texas fait des efforts et vise zéro émission de carbone pour 2050. Les habitants sont accompagnés dans cette démarche et sont invités à y participer.

Austin n’est pas la seule à montrer l’exemple. Partout aux Etats-Unis, des villes s’unissent dans la lutte contre le réchauffement climatique : Los Angeles, la Nouvelle-Orléans, San Francisco, Portland, New York, Houston… Même au cœur du bassin charbonnier entre les Appalaches et la Pennsylvanie, des villes vertes résistent comme Philadelphie ou la fameuse Pittsburgh. « Les villes du monde peuvent garantir la réduction de 40 % des émissions à effet de serre », explique Hervé Marro, directeur du bureau du C40 à Paris, une organisation qui rassemble 40 grandes villes leaders en matière de changement climatique.

Rassurer une population « anxieuse »

L’accord de Paris n’est donc pas encore enterré. Certains veulent même y voir une lueur d’espoir. « C’est malheureux, mais c’est un test. L’accord de Paris n’est pas menacé et les réactions internationales montrent toute la force de la dynamique autour de l’accord », estime Hervé Le Treut. « Trump est là pour quatre ans, maximum pour huit. Cet accord voit sur 100 ans, on n’est pas dans le même temps », nuance Jean-Eric Branaa. Une victime tout de même après la décision de Donald Trump : le Fonds vert pour le climat, destiné à aider les pays en difficulté à amorcer leur transition énergétique. Sans les Etats-Unis, il accuse désormais d’un trou de 2 milliards d’euros. « Les états fédérés ne pourront pas alimenter ce fonds vert. C’était pourtant la clef de voûte de l’accord, avec un côté solidaire qui était très beau », regrette Jean-Eric Brana.

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Prochaine étape pour l’accord de Paris : décembre 2018. De nouveaux débats auront lieu sur les mesures à prendre. « Ce sera aussi l’occasion d’expliquer mieux les choses. La population qui a voté pour Trump est anxieuse. Il faut le prendre en compte et les accompagner », souligne Hervé Le Treut. Les pays signataires de l’accord devraient mettre le texte en application en 2020.