La baie des oiseaux en Antarctique, le 9 mars 2008.
La baie des oiseaux en Antarctique, le 9 mars 2008. - CHINE NOUVELLE/SIPA

Audrey Chauvet

La menace sous la glace. Selon une étude américaine, parue dans le journal Nature, l’Antarctique recèle des tonnes de méthane qui pourraient avoir un effet catastrophique sur le climat si elles étaient libérées par la fonte des glaces.

Quatre milliards de tonnes

Ce méthane, dont on connaît déjà la présence sous le permafrost de Sibérie, aurait été créé par la décomposition de matières organiques déposées il y a 35 millions d’années sur ce qui était alors un continent au climat plus chaud qu’aujourd’hui. «Une partie des matières organiques a été piégée dans les sédiments, explique Slawek Tulaczyk,  un des auteurs de l’étude. Notre modèle montre que pendant des millions d’années, des microbes ont converti ces matières en méthane.»

L’Antarctique repose en effet sur des couches sédimentaires qui contiendraient environ 21.000 milliards de tonnes de carbone, selon les scientifiques. Cela représente plus de dix fois la quantité de carbone tapie sous le permafrost, cette région au sol gelé du cercle polaire. «Ce carbone est certainement transformé en dioxyde de carbone (CO2) et en méthane par des microbes», explique Jemma Wadham, co-auteur de l’étude. Et il pourrait ainsi y avoir plus de quatre milliards de tonnes de méthane sous les glaces antarctiques. Sachant que le méthane a un pouvoir de réchauffement près de vingt fois plus important que le CO2, le climat mondial aurait un sacré coup de chaud s’il venait à être libéré dans l’atmosphère.