Un repas végétarien.
Un repas végétarien. - SUPERSTOCK/SIPA

On ne s’en rend pas compte, mais manger un steak revient à boire beaucoup d’eau. Ce n’est pas que les vaches soient de grandes assoiffées, mais les milliers de litres qui ont servi à produire la nourriture pour le bétail impactent considérablement «l’empreinte eau» de nos assiettes de carnivores. Selon les scientifiques du Stockholm international water institute (SIWI), nous allons devoir revoir la composition de nos repas en raison de la raréfaction des ressources en eau et de la croissance démographique mondiale d’ici à 2050, rapporte le Guardian.

De 20% à 5% de viande dans l’assiette

De 20% de nos assiettes, la part d’aliments carnés devrait être portée à 5% seulement si l’on veut que les deux milliards d’humains supplémentaires en 2050 aient aussi accès à la viande. «Il y aura juste assez d’eau si la proportion d’aliments issus des animaux est limitée à 5% des apports caloriques et les déficits régionaux en eau pourraient être compensés par un système fiable d’échange de nourriture», commente Malik Falkenmark, auteur de l’étude.

Selon les scientifiques, adopter un régime végétarien est une des possibilités pour réduire la consommation d’eau: ils ont calculé qu’un régime carné utilise dix fois plus d’eau, les déperditions étant fortes entre le champ de céréales et l’estomac de la vache. «70% de l’eau mondiale est utilisée par l’agriculture, et cela devrait s’accroître avec les deux milliards d’humains en plus d’ici à 2050, augmentant la pression sur les ressources en eau et sur les terres arables», indiquent les scientifiques. 

Une nouvelle recette pour nourrir le monde

Alors que cet été, la sécheresse en Amérique du Nord a déjà provoqué une forte hausse du prix des matières premières agricoles, les scientifiques rappellent que «Selon les Nations unies, il faudra augmenter la production alimentaire de 70% d’ici au milieu du siècle. Cela mettra encore plus de pression sur les ressources en eau alors que nous en aurons aussi besoin pour répondre à la demande en énergie, qui devrait augmenter de 60% dans les trente prochaines années, et produire de l’électricité pour les 1,3 milliard d’hommes qui en sont actuellement privés.»

Il va donc falloir faire un choix: manger de la viande ou produire de l’électricité grâce à la force hydraulique, et des compromis en partageant équitablement les ressources avec les pays en forte croissance démographique. «Nous allons avoir besoin d’une nouvelle recette pour nourrir le monde», conclut Anders Jägerskog, du SIWI. Cette recette pourrait bien être végétarienne. 

Mots-clés :