Moins dormir pour plus se reproduire, une stratégie payante pour les oiseaux

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Publié le 10 août 2012.

ANIMAUX - Selon une étude allemande, les mâles qui dorment le moins sont ceux qui s'accouplent le plus...

Pas de répit: pour s’accoupler, les oiseaux ont intérêt à ne pas dormir. Selon les résultats d’une étude menée par des chercheurs allemands et suisses, les oiseaux mâles qui dorment le moins sont ceux qui ont la plus nombreuse progéniture. Publiée dans la revue Science, cette étude remet en cause l’idée selon laquelle le manque de sommeil empêcherait d’accomplir des «tâches complexes» et met les scientifiques sur une nouvelle piste: le besoin de récupérer physiquement pourrait s’adapter aux exigences du moment.

Ainsi, lorsque les bécasseaux tachetés, observés pour cette étude, nichent dans la toundra en mai et juin, la reproduction devient leur occupation prioritaire. Pendant environ 24h, les mâles ne font plus que rechercher des femelles avec qui s’accoupler. Certains sont même capables de réduire drastiquement leur durée de sommeil pendant une période de trois semaines. Sans surprise, ce sont ces individus qui donnent naissance au plus grand nombre d’oisillons.

Etre polygame, c’est fatiguant

«Nous avons récupéré tous les œufs du site étudié, nous les avons incubés puis lorsqu’ils ont éclos nous avons étudié l’ADN de chaque oisillon, pour voir combien de petits un mâle avait engendré», explique le Dr Niels Rattenborg, un des auteurs de l’étude, interrogé par la BBC. Ces tests de paternité ont montré que les oiseaux les plus actifs, qui n’ont quasiment pas fermé l’œil pendant plusieurs semaines, sont ceux qui se sont le plus accouplés. Cette attitude repose néanmoins sur une particularité des bécasseaux tachetés: ils sont polygames et la saison des amours est marquée par une compétition intense entre les mâles. Leurs congénères monogames peuvent eux faire de bonnes nuits.

«Il y a beaucoup de recherches sur les conséquences du manque du sommeil sur les performances physiques, poursuit Niels Rattenborg. La plupart montrent que perdre même un peu de temps de sommeil, quelques heures par nuit, a des effets négatifs sur la capacité à accomplir différentes actions en période d’éveil.» L’étude des bécasseaux tendrait donc à prouver que parfois, le manque de sommeil n’est pas un handicap: la survie de l’espèce passe avant le repos du guerrier.

 

Audrey Chauvet
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