Fin du jeûne pour les militants contre les armes nucléaires

NUCLEAIRE Ils manifestent leur opposition aux armes nucléaires depuis lundi, rendant ainsi hommage aux disparus d'Hiroshima et Nagasaki...

Audrey Chauvet

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Commémoration des bombardements d'Hiroshima et Nagasaki par des militants anti armes nucléaires, le 9 août 2012 à Paris.

Commémoration des bombardements d'Hiroshima et Nagasaki par des militants anti armes nucléaires, le 9 août 2012 à Paris. — A.Chauvet - 20 Minutes

Débuté le 6 août, date anniversaire du bombardement atomique d’Hiroshima au Japon en 1945, le jeûne mené par 80 personnes devant le Mur pour la Paix, sur le Champ de Mars à Paris, prend fin ce jeudi. La manifestation pacifique contre les armes nucléaires s’achève ainsi le jour de l’anniversaire de Nagasaki, le second bombardement sur le Japon.

Avec des danses, des marches, des chants, les manifestants ont tenu à rendre hommage au peuple japonais, marqué par le nucléaire aussi bien civil que militaire. Sur les banderoles, Fukushima, Hiroshima, Tchernobyl ou Mururoa se mêlent à la nuée de drapeaux nationaux. «Nous voulons montrer que le problème est mondial, explique Patrice Bouveret, de l’Observatoire des armements, et interpeller le gouvernement français qui s’est engagé aux Nations unies dans le traité de non-prolifération mais qui bloque toutes les discussions pour garder son arme nucléaire.»

Civil ou militaire, «les conséquences sont les mêmes»

Alors que le débat sur l’énergie nucléaire est sur le devant de la scène depuis la catastrophe de Fukushima, celui sur les armes semble laissé de côté. Pourtant, pour Patrice Bouveret, «les conséquences sont les mêmes»: à Hiroshima ou à Fukushima, les conséquences sur la santé des populations seront tout aussi durables. «Il n’y a pas d’alternative à l’arme nucléaire comme il peut y en avoir à l’énergie, mais au Japon, on en est à la troisième génération de gens malades depuis Hiroshima et Nagasaki, comme pour le personnel qui a travaillé aux essais nucléaires».

«L’abandon de l’arme nucléaire nécessiterait une réorganisation de la sécurité nationale et ne peut se faire qu’avec les huit autres pays qui la possèdent, reconnaît Patrice Bouveret. Mais l’arme nucléaire est différente des autres, inhumaine, et ne doit plus être utilisée.» Au dernier jour de leur mobilisation, les militants ont rompu le jeûne à la mairie du 2e arrondissement de Paris. Un jeûne, pas une grève de la faim, précise Patrice Bouveret: «Car la durée en était définie avant, tandis qu’une grève de la faim se fait tant qu’on n’a pas obtenu ce qu’on demande. Pour nous, ça aurait pu être très long…»