Espagne: lutte contre le feu dans un parc naturel des Canaries

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Publié le 7 août 2012.

Les flammes continuaient de menacer lundi le parc de Garajonay, aux Canaries, rare témoin des forêts subtropicales qui poussaient en Méditerranée il y a plusieurs dizaines de millions d'années, après avoir déjà dévoré 3.100 hectares sur l'île de La Gomera.

Le paysage raviné et très accidenté de l'île complique la tâche des pompiers qui luttent contre le feu depuis samedi.

L'inquiétude persistait lundi face aux ravages que l'incendie risque de provoquer dans le parc, classé au Patrimoine mondial de l'Unesco. Déjà 9% de la surface du parc, soit 350 hectares, avaient été touchés lundi matin, selon le président de l'île, Casimiro Curbelo.

Armés de lances à eau, vêtus de leurs uniformes jaunes, des membres des brigades forestières luttaient sur les trois foyers encore actifs dans la soirée: sur le front nord, correspondant au parc naturel, le front ouest, dans la zone du ravin d'Erques, et le front est, avec le ravin de La Laja.

En fin de journée, les pompiers avaient cependant "réussi à freiner l'avancée du feu dans la zone de Garajonay", selon un communiqué du gouvernement régional.

"Les ravins opèrent comme de véritables cheminées quand le vent souffle et compliquent le contrôle des incendies", a expliqué le président de la région des Canaries, Paulino Rivero.

A Igualero, un village à l'intérieur du parc, qui a été évacué, quelques maisons ont complètement brûlé, a rapporté une photographe de l'AFP. Les cultures tout autour, de fruits, de raisin et de pommes de terre, sont dévastées et le feu a laissé derrière lui des cadavres d'animaux, moutons, chèvres et poules.

Le parc de Garajonay constitue une réserve d'une valeur rare, abritant des forêts d'espèces anciennes à peine dégradées par la présence humaine. 450 espèces végétales y ont été recensées, dont 81 endémiques dans l'archipel, 34 dans l'île et huit n'existant plus que dans le parc proprement dit.

L'île de la Gomera est également célèbre pour son langage sifflé, inscrit lui aussi au patrimoine immatériel de l'Unesco.

Un berger de l'île, Sebastian Vera Herrera, raconte qu'il surveillait ses chèvres dimanche soir quand le feu est arrivé. Beaucoup d'animaux n'ont pas survécu tandis que le berger refusait d'obéir à l'ordre d'évacuation, pour essayer de protéger ses bêtes.

"Je les ai conduites jusqu'à la ferme, dans le hameau de Magaña. Beaucoup de bêtes ont brûlé. J'ai réussi aussi à en sauver beaucoup, environ 300, parce que je suis resté, parce que la Garde civile a essayé de me faire partir et que j'ai refusé", raconte le berger.

A 58 ans, il a toujours vécu à La Gomera, "mais un incendie comme celui-là, je n'en ai jamais vu, quelque chose comme cela, d'aussi grand, c'est la première fois". Dimanche soir, poursuit-il, à Magaña, "des maisons qui avaient 200 ans ont entièrement brûlé".

Des maisons autour de la localité de Vallehermoso ont aussi brûlé, témoigne le maire, Jaime Luis Noda. "De nombreuses maisons ont été touchées. Nous n'avons pas encore le nombre exact". "Le feu reste actif, le front est moins important qu'hier, mais il reste actif", racontait-il lundi soir.

Le feu a détruit des transmetteurs, ce qui a interrompu une partie de la journée les communications par téléphones portables. Plusieurs hameaux se sont également retrouvés sans électricité.

Jusqu'à la mi-journée, une épaisse brume avait empêché de décoller les deux hydravions envoyés par le gouvernement espagnol pour prêter renfort à cinq hélicoptères.

Mais la situation a semblé s'améliorer dans l'après-midi:

La majorité des 600 personnes évacuées de leurs maisons ont reçu l'autorisation d'y retourner. La baisse des températures ainsi que l'augmentation de l'humidité facilitaient la lutte contre cet incendie, et contre celui qui a brûlé environ 1.700 hectares depuis samedi sur l'île voisine de La Palma.

Le risque d'incendie est très élevé cet été en Espagne, où les sols sont desséchés après un hiver sans pluie, le plus sec depuis environ 70 ans.

© 2012 AFP
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