Nucléaire: Des réserves d'uranium pour encore 100 ans au maximum

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Publié le 26 juillet 2012.

ENERGIE - Selon un rapport de l'Agence de l'OCDE pour l'énergie nucléaire, les réserves mondiales d'uranium pourraient alimenter le secteur pour encore un siècle si la demande n'augmente pas...

Après le pic pétrolier, le pic nucléaire? L’uranium, la matière première de l’industrie de l’atome, pourrait se faire rare dans une centaine d’années, selon les prévisions de l'Agence de l'OCDE pour l'énergie nucléaire (AEN) et l'Agence internationale pour l'énergie atomique (AIEA). Dans un rapport publié ce jeudi, elles estiment que «les ressources en uranium identifiées sont toujours suffisantes pour assurer les besoins du secteur pendant 100 ans, au rythme de consommation de 2010».

La demande d’uranium augmentera de plus de 50% en vingt ans

Problème: la demande d’uranium va s’accroître dans le monde, selon leurs projections; de 63.875 tonnes en 2010, elle serait 97.645 à 136.385 tonnes en 2035. Soit une augmentation comprise entre +53% et +114% en seulement vingt ans. Ces calculs s’appuient sur les perspectives de développement de l’énergie nucléaire dans le monde: l’AEN et l’AIEA estiment que le parc nucléaire mondial augmentera de 44% à 99% d’ici à 2035, en particulier à cause de la demande croissante d’énergie de la Chine, de l'Inde, de la Corée du Sud et de la Russie.

Mais l’uranium n’est pas une matière renouvelable et les mines exploitées actuellement pourraient bientôt se retrouver à sec. Le rapport évalue la production minière d'uranium à  54.670 tonnes par an, soit une augmentation de 25% entre 2008 et 2010 permise par la production accrue du Kazakhstan, qui est actuellement le premier producteur mondial. Courant 2012, elle devrait encore croître de 5% pour atteindre 57.000 tonnes. Le reste de la demande d’uranium est couvert par le retraitement de combustibles usagés, comme cela se fait notamment à l’usine Areva de La Hague.

Des réacteurs plus économes

Le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) estime que «les ressources conventionnelles représentent environ 50 ans d'approvisionnement. L'ajout des ressources additionnelles estimées conduit à un total supérieur à 6,3 millions de tonnes, ce qui repousse encore la perspective d'épuisement». L’AEN et l’AIEA se montrent plus optimistes, en tablant sur une centaine d’années de réserves, moyennant «d’importants investissements dans l’extraction minière».

Et une fois qu’on aura atteint le pic d’uranium? Les experts planchent déjà sur des réacteurs consommant moins de matière première. Des réacteurs à neutrons rapides, de quatrième génération, pourraient permettre de consommer moins d’uranium. Selon le CEA, ce nouveau type de réacteurs consommerait cent fois moins d’uranium naturel que les réacteurs à eau actuels. Mais il faudra encore une vingtaine d’années pour qu’ils soient au point et le CEA précise que leur coût sera bien plus important que celui des réacteurs à eau. Ils «n’ont donc de chance d’émerger que si leur qualité spécifique, l’économie de matière fissile, devient un facteur clé de succès», écrit le CEA. Comprendre: si une fois passé le pic pétrolier, l’uranium devient à son tour une ressource rare et chère.

Audrey Chauvet
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