Un grand requin blanc photographié dans l'océan.
Un grand requin blanc photographié dans l'océan.

B.D. avec AFP

L’attaque de trop. La mort d’un jeune surfeur, tué lundi par un requin à La Réunion, relance la polémique sur les moyens de lutte et de prévention contre les squales. A la suite de cette attaque, le maire de la commune de Trois-Bassins (côte ouest) a pris un arrêté municipal interdisant jusqu'à nouvel ordre la  baignade et les activités nautiques sur tout le littoral de la commune.

Pas suffisant pour les surfeurs et professionnels du nautisme, qui réclament des «décisions radicales», dont la capture et l'élimination des requins. «On met les assassins en prison, débarrassons-nous de même des animaux dangereux», a lancé Christophe, frère d'un surfeur tué l'an dernier par un requin et membre de l'association Océan prévention Réunion (OPR). Cette association, dont les positions sont jugées «extrémistes» par des écologistes, souhaite pouvoir investir la réserve naturelle marine pour capturer, voire éliminer, les requins.

L'élimination de quelques requins près des côtes n'aurait «aucune incidence sur leur présence»

Les requins ont en effet commis six attaques contre des surfeurs, dont deux mortelles, en 2011 à La Réunion. Des mesures, dont la création de «vigies-requins», personnels chargés de donner l'alerte en cas de danger, ont été mises en place par la municipalité pour protéger les activités nautiques. L’attaque de lundi fait d’autant plus polémique qu'elle est survenue sur un spot que les Réunionnais croyaient préservé des requins. Guy Gazzo, apnéiste et membre du Comité régional de pêche, juge pour sa part qu’il y a «manifestement surpopulation de requins» sur la côte ouest.

Faux, selon scientifiques et écologistes, qui s’opposent à ces mesures radicales. Les premières conclusions d'une étude de l'Institut de recherche et de développement (IRD), commandée par le préfet, rendues publiques au début du mois, concluent en effet à l'absence de requins sédentaires près des côtes. Les requins bouledogues, à l'origine de la plupart des attaques, «sont le plus souvent seuls, font des excursions à la côte mais passent principalement leur temps au large», selon l'étude.

Dans ce contexte, l'élimination de quelques individus près des côtes n'aurait «aucune incidence sur leur présence, leur nombre évoluant constamment», assure Antonin Blaison, spécialiste des requins et un des responsables de l'étude, rappelant qu'une «expérience de prélèvement menée à Hawaï n'a produit aucun résultat». Les associations écologistes sont également totalement opposées à une telle mesure jugée «irresponsable» pour l'écosystème du parc marin.