Des écarts extrêmes de températures ont été détectés dans l'Arctique lors des dernières 2,8 millions d'années avec des pics de chaleur jugés jusqu'alors impossibles dans la région, révèle jeudi l'analyse de la plus longue carotte de sédiments jamais prélevée dans ce sol.
Des écarts extrêmes de températures ont été détectés dans l'Arctique lors des dernières 2,8 millions d'années avec des pics de chaleur jugés jusqu'alors impossibles dans la région, révèle jeudi l'analyse de la plus longue carotte de sédiments jamais prélevée dans ce sol. - Martin Bureau afp.com

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Des écarts extrêmes de températures ont été détectés dans l'Arctique lors des dernières 2,8 millions d'années avec des pics de chaleur jugés jusqu'alors impossibles dans la région, révèle jeudi l'analyse de la plus longue carotte de sédiments jamais prélevée dans ce sol.

Les chercheurs à l'origine de ces travaux ont noté une nette corrélation entre ces périodes chaudes dans l'Arctique et des fontes de glaces importantes dans l'Antarctique, indiquant des interactions entre les deux régions polaires.

La carotte de sédiment de 318 mètres de long a été extraite en 2009 du fond du lac d'El'gygytgyn, dans l'extrême nord-est de la Sibérie, lors d'une expédition hivernale.

Ce lac de 175 mètres de profondeur et de 18 km de diamètre est un cratère créé par l'impact d'une météorite il y a 3,5 millions d'années environ.

Il présente l'intérêt particulier pour les scientifiques de n'avoir jamais été recouvert par des glaciers.

Ceci a permis l'accumulation continue d'une couche de sédiments de 400 mètres d'épaisseur au fond du lac qui donne la possibilité de remonter très loin dans le temps et de reconstituer les températures au cours des âges.

Les chercheurs --issus d'une équipe internationale conduite par le professeur Martin Melles, de l'Université de Cologne en Allemagne, et dont les travaux sont publiés dans la revue américaine Science du 22 juin-- se sont concentrés sur quatre périodes interglaciaires particulièrement chaudes: il y a 12.000 ans, 125.000 ans, 400.000 ans, et 1,1 million d'années.

Au cours de celles-ci, la reconstitution du climat, faite à partir du pollen contenu dans les sédiments, a montré que les températures estivales dans la région étaient alors de quatre à cinq degrés plus chaudes que lors des autres périodes interglaciaires.

Quant aux précipitations annuelles, elles atteignaient 30 cm de plus.

Pour les chercheurs, la formation des glaces du Groenland --dans leur forme actuelle-- était même virtuellement impossible durant ces périodes.

Pour Martin Melles, "le caractère unique des archives climatiques devient clair alors qu'avec les échantillons de cette carotte sédimentaire on remonte trente fois plus loin en arrière dans l'histoire climatique de la Terre".