Ainsi de 2000 à 2005, ces émissions n'ont été que de 810 millions de tonnes par an, soit un tiers environ du volume estimé encore récemment. Cela ne représente que 10% du CO2 total d'origine humaine rejeté dans l'atmosphère
Ainsi de 2000 à 2005, ces émissions n'ont été que de 810 millions de tonnes par an, soit un tiers environ du volume estimé encore récemment. Cela ne représente que 10% du CO2 total d'origine humaine rejeté dans l'atmosphère

© 2012 AFP

Les émissions de dioxyde de carbone (CO2) résultant de la déforestation en zones tropicales sont nettement moindres qu'estimé jusqu'alors, révèle jeudi une étude américaine réalisée grâce à des données satellitaires.

Ainsi de 2000 à 2005, ces émissions n'ont été que de 810 millions de tonnes par an, soit un tiers environ du volume estimé encore récemment. Cela ne représente que 10% du CO2 total d'origine humaine rejeté dans l'atmosphère, selon ces chercheurs.

Dans leurs travaux publiés dans le revue Science, ils se sont concentrés sur les pertes de CO2 dues à l'abattage d'arbres dans les forêts tropicales, sans prendre en compte la reforestation qui permet de capter du dioxyde de carbone.

De 2000 à 2005, le Brésil et l'Indonésie sont les deux pays qui ont produit le plus de CO2 dû à la déforestation, avec 55% du total de ces émissions, précise l'étude menée par des chercheurs de Winrock International, un institut américain privé de recherche sur l'environnement à but non lucratif.

Cette équipe comprenait également des scientifiques de la firme Applied GeoSolutions, d'un laboratoire de la Nasa et de l'Université du Maryland (est).

Selon ces travaux, près de 40% des pertes de couverture forestière étaient concentrées dans les zones sèches des tropiques mais elles n'ont compté que pour 17% des émissions de CO2 résultant de la déforestation, illustrant de faible stocks de dioxyde de carbone comparativement aux forêts tropicales humides.

En 2007, la meilleure estimation des émissions de CO2 dues à la déforestation, établie par le Groupe d'experts de l'ONU sur l'évolution du climat (Giec) et basée sur l'utilisation des terres, les évaluait à environ 1.900 milliards de tonnes par an.

"Le modèle comptable pour calculer les émissions de CO2 basé sur les changements dans l'utilisation des terres était jusqu'alors la meilleure méthode", relève Nancy Harris, de l'institut Winrock et principale auteur de l'étude.

"Mais l'émergence des satellites d'observation de la Terre combinée à une politique internationale cherchant à réduire les émissions de CO2 résultant de la déforestation dans les pays en développement a poussé la communauté scientifique à adopter des méthodes d'estimation plus transparentes et dépendant de plus en plus des données satellitaires", explique-t-elle.

Ces chercheurs espèrent aussi que le mécanisme de l'ONU dans la convention sur le changement climatique qui propose de compenser les pays en développement pour réduire leurs émissions de CO2 provoquées par la déforestation et la dégradation des forêts va bénéficier d'une estimation plus exacte du dioxyde de carbone rejeté dans l'atmosphère.