Après un premier échec la semaine dernière, l'avion solaire suisse Solar Impulse effectuait jeudi une nouvelle tentative pour relier Rabat à Ouarzazate, dans le sud marocain, un vol à hauts risques en raison du climat quasi-désertique.
Après un premier échec la semaine dernière, l'avion solaire suisse Solar Impulse effectuait jeudi une nouvelle tentative pour relier Rabat à Ouarzazate, dans le sud marocain, un vol à hauts risques en raison du climat quasi-désertique. - Abdelhak Senna afp.com

© 2012 AFP

Après un premier échec la semaine dernière, l'avion solaire suisse Solar Impulse effectuait jeudi une nouvelle tentative pour relier Rabat à Ouarzazate, dans le sud marocain, un vol à hauts risques en raison du climat quasi-désertique.

Destination finale de ce vol, la localité de Ouarzazate est située dans un environnement très aride au pied de l'Atlas. Elle a été choisie par les responsables marocains pour devenir le futur site de la plus grande station solaire du monde.

Volant sans une goutte de carburant, le pilote suisse souhaite démontrer qu'il existe d'autres manières de "sauver l'environnement" alors que se tient à Rio un sommet de l'ONU sur le développement durable afin de mettre la planète sur un chemin plus écologique.

"Notre périple montre qu'il y a d'autres manières pour faire des économies d'énergie et sauver l'environnement de la planète", a déclaré à l'AFP le pilote de l'avion André Borschberg, lors d'un contact téléphonique avec l'AFP depuis de son cockpit.

D'ores et déjà, l'avion experimental a réussi la prouesse d'effectuer la première traversée intercontinentale entre l'Europe et l'Afrique du nord.

Solar Impulse avait décollé le 24 mai de Payerne (Suisse) pour atterrir le 5 juin Rabat, après une escale à Madrid. Il prévoit d'effectuer un tour du monde en 2014.

"Le ciel est magnifiquement beau et je suis assez confiant d'arriver à destination", a dit le pilote, en ajoutant : "mère nature semble être plus favorable que la fois précédente".

"Aujourd'hui tout semble possible. A Ouarzazate les prévisions météo sont bonnes" a encore déclaré André Borschberg, cofondateur du projet avec Bertrand Piccard.

Solar Impulse avait été contraint le 13 juin de faire demi-tour à mi-chemin du trajet Rabat-Ouarzazate, en raison de vents forts.

en fin de matinée, l'avion volait à la vitesse de 50 km/h et à une altitude d'environ 2.O00 mètres au dessus de l'Atlantique. Il est attendu vers 23H30 locales (22H30 GMT) à Ouarzazate.

Ce vol devrait être le plus difficile que l'avion ait jamais effectué en raison de la nature aride et chaude du climat ainsi que de la proximité avec le massif montagneux de l'Atlas, qui culmine à plus de 4.000 mètres.

Ouarzazate est distant de quelque 550 km de la capitale Rabat, mais l'avion devrait mettre quelque 16 heures pour arriver à sa destination finale en raison de sa faible vitesse et d'impondérables dues aux conditions atmosphériques.

Très fragile, cet oiseau des airs en fibre de carbone --qui a le poids d'une petite berline-- est mû par quatre moteurs électriques, d'une puissance de 10 chevaux chacun, alimentés par 12.000 cellules photoélectriques couvrant son immense aile.

Le vol est organisé conjointement par la société suisse de Solar Impulse et l'Agence marocaine de l'énergie solaire (Masen).

Cette agence pourrait annoncer à cette occasion le nom du consortium international ayant remporté l'appel d'offres pour la construction de la première phase de la centrale solaire dotée d'une capacité de 160 MW et avec l'objectif de porter cette capacité d'ici 2015 à environ 500 MW.

Le Maroc, qui importe la quasi-totalité de son énergie de l'étranger, ambitionne de developper ses propres capacités d'énergies renouvelables grâce à ses côtes qui s'étendent de la Méditerranée à l'Atlantique et à son ensoleillement exceptionnel.

Le royaume devrait ainsi produire à terme quelque 4000 MW (bien 4.000 MW) d'énergies renouvelables, pour moitié éolienne et moitié solaire, réduisant ainsi nettement sa lourde facture pétrolière.

A ce propos, le pilote du Solar impulse s'est félicité du "projet visionnaire du Maroc".